Addiction : les maux de nos ados

[07 octobre 2014 - 14h16] [mis à jour le 08 octobre 2014 à 12h08]

Le temps où l’on se contentait d’une « première gorgée de bière » semble révolu. Preuve en est, l’évolution des conduites addictives en France. Chez les jeunes, la cyberaddiction est née. Et les premières expériences de drogue – douces ou dures, légales ou non – surviennent à un âge de plus en plus précoce. En France, 2 adolescents sur 10 ont déjà consommé tabac, alcool… et cannabis. 

A la fin des années 60, la prise de drogue rimait avec liberté des mœurs. Depuis, le rapport aux substances psychoactives s’est complètement bouleversé. Binge-drinking, joints au quotidien, jeux-vidéos, dans les années 90, la tendance a en effet basculé vers la polyconsommation. « Toujours très présent, ce phénomène s’est aujourd’hui amplifié, chez les jeunes particulièrement. Lesquels prennent davantage de risques et sont à la recherche de sensations fortes », décrit le Pr Vincent Dodin, psychiatre à la clinique médico-psychologique (Groupement des Hôpitaux de l’Université catholique) de Lille.

Ainsi, près de 60 % des ados de 17 ans rapportent avoir été ivres au moins une fois au cours de leur vie. Et 20% ont déjà fumé du cannabis. « La drogue est si facilement accessible qu’elle touche toutes les catégories sociales », souligne le Pr Dodin.

Addiction aux écrans

Autre fléau affectant les jeunes générations, l’impact des addictions sans substance. La dépendance  aux jeux-vidéos ou aux réseaux sociaux concerne en effet 3% à 5% des adolescents de 17 ans. « Génératrices d’anxiété et fortement addictives dans une société où règnent l’image et la violence, ces technologies augmentent le risque d’isolement », souligne le Pr Dodin.

Les écrans (internet, jeux…) démultiplient en effet le nombre d’univers… virtuels. « En entrant dans la peau d’un personnage ou en communiquant à travers les réseaux sociaux, l’adolescent – surtout s’il est vulnérable – encourt le risque de se réfugier ‘dans son monde’, un monde qui n’existe pas ». A terme il aura tendance à rester seul, à éviter les rassemblements entre amis ou en famille. Ces comportements favorisent la consommation de drogues. D’autant qu’il est « de plus en plus simple de s’approvisionner sur internet en produits de synthèse (cannabis, amphétamines…) ». Et donc de commander à distance des produits dont on ne connait pas la composition, ni les risques sur la santé.  « Aujourd’hui, la priorité consiste à repérer les comportements à risque des ados », conclut le Pr Dodin.

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