Boire 5 verres en une seule occasion. C’est le critère retenu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour définir le « binge drinking », la « biture express » en français. On savait déjà que cette consommation effrénée et excessive d’alcool avait des conséquences sur la mémoire. Grâce à une étude de l’Inserm, on sait désormais comment et pourquoi. 

L’expérience a été menée dès 2015, à Amiens, par le groupe de recherche de l’Inserm sur l’alcool et les pharmacodépendances. A deux reprises, l’équipe de chercheurs a exposé des rats jeunes adultes à des épisodes de « binge drinking », pour « obtenir une alcoolémie comparable à celle mesurée chez les jeunes qui arrivent aux urgences après une soirée arrosée ». Résultat : 48 heures après, leur capacité d’apprentissage était affectée.

Pourquoi ? Parce que le mécanisme neuronal à la base de l’apprentissage est aboli dans l’hippocampe, le siège de la mémoire dans le cerveau. La plasticité synaptique, qui « correspond à la capacité des neurones à modifier les connexions qu’ils ont établies entre eux », est empêchée. Ce processus neuronal étant long, il explique le délai de 48 heures entre l’alcoolisation massive et ses effets sur la mémoire.

Un cerveau en maturation

Le « binge drinking » est une pratique qui concerne essentiellement les jeunes, mais pas exclusivement. Pourquoi est-elle susceptible d’avoir des conséquences particulièrement néfastes dans cette population ? Parce qu’elle est très vulnérable : le cerveau des adolescents n’a en effet pas encore terminé sa maturation. Chez les jeunes hommes, outre la mémoire, la capacité motrice est également affectée en cas d’alcoolisation excessive. Chez les jeunes femmes, le corps qui trinque aussi : leur masse osseuse diminue au niveau de la colonne vertébrale.

A noter : vous ou l’un de vos proches rencontre des problèmes avec sa consommation d’alcool ? Vous trouverez des solutions sur le site www.alcool-info-service.fr.

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