Alcool : trois fois moins de consommateurs quotidiens en 30 ans

26 mars 2026

L’alcool, une longue histoire chez les Français. La manière de consommer de l’alcool varie selon le milieu social : alors que les populations les moins favorisées ont tendance à boire des quantités plus importantes en une seule occasion, les plus favorisées consomment plus régulièrement, ce qui les conduit plus souvent à dépasser les seuils recommandés pour limiter les risques. Ces constats reposent sur une série d’enquêtes menées entre 1992 et 2021 par Santé publique France, dont la synthèse a été publiée le 25 mars 2026.

La nouvelle publication de Santé publique France, parue le 25 mars à l’occasion des journées de la Société française d’alcoologie et d’addictologie (SF2A), permet d’observer l’évolution des modes de consommation d’alcool sur près de trente ans ainsi que les inégalités sociales qui y sont liées. Fondée sur huit éditions de son Baromètre auprès de la population âgée de 18 à 75 ans, ce travail dresse des constats qui se maintiennent dans le temps. Ceux-ci suggèrent la nécessité d’agir à l’échelle de l’ensemble de la population, tout en conservant des actions plus ciblées envers certains groupes. Quels sont les points clés de cette analyse ? 

De fortes disparités dans les modes de consommation

Au cours des trente dernières années, la consommation d’alcool déclarée et les volumes de vente ont diminué en France. Elle reste toutefois largement répandue : en 2021, 86,5 % des 18-75 ans déclarent avoir bu de l’alcool dans l’année, plaçant la France parmi les pays les plus consommateurs en Europe et dans le monde. Chaque semaine, au moins un quart des Français dépassent les repères de consommation à moindre risque, et 10 % des 18-75 ans consomment à eux seuls plus de la moitié (54 %) du volume total annuel d’alcool.  

– Les hommes sont toujours davantage concernés par la consommation d’alcool que les femmes.  

– Les écarts sociaux sont importants : les catégories les plus favorisées déclarent des consommations plus régulières et dépassent plus fréquemment les repères à moindre risque sur une période récente. Les personnes occupant les positions les plus favorables en termes de revenus, de diplôme ou de catégorie socioprofessionnelle déclaraient plus fréquemment des consommations hebdomadaires que les personnes moins favorisées socialement. 

À l’inverse, les groupes les moins favorisés présentent des usages plus intensifs (consommation quotidienne, alcoolisation ponctuelle importante au moins une fois par mois), ainsi qu’une polyconsommation de substances psychoactives plus répandue. Ils sont aussi plus souvent exposés à un risque chronique lié à l’alcool ou de dépendance à l’alcool, au regard de leur consommation déclarée sur les douze derniers mois. 

– Entre 1992 et 2021, la part de consommateurs quotidiens d’alcool a été divisée par trois. L’évolution globale montre une forte baisse de la consommation quotidienne d’alcool : de 24 % en 1992 à 8 % en 2021. Tendance similaire pour la part des personnes consommant de l’alcool au moins une fois par semaine, mais dans une moindre mesure. Celle-ci a diminué d’environ un tiers, passant de 63 % en 2000 à 39 % en 2021.  

– La part d’adultes dont la consommation d’alcool présente des risques importants pour la santé reste élevée : 22 % sur les sept derniers jourset 37 % sur les douze derniers mois.  

– L’effet générationnel existe. Des différences dans le mode de consommation sont observées en fonction de l’âge, les jeunes adultes consommant de manière peu fréquente mais souvent en plus grande quantité lorsqu’ils le font. En comparaison, les plus âgés consomment plus fréquemment de manière quotidienne.  

– Concernant le type d’alcool, le vin reste la boisson la plus consommée de manière hebdomadaire, quel que soit le sexe, mais chez les hommes, l’écart avec la bière est faible : au cours des 12 derniers mois, 34 % ont bu du vin chaque semaine, 31 % de la bière et 13 % des alcools forts. Les femmes consomment nettement plus de vin (22 % chaque semaine) que de bière (10 %). 

« Ces constats sont visibles depuis plusieurs années et tendent à se maintenir. On observe des tendances à la baisse ou une stabilité des différents indicateurs de consommation dans les différents groupes sociaux, avec des évolutions relativement parallèles, sur l’ensemble des indicateurs », décrit Santé publique France. Mais « certains groupes de consommateurs cumulent à la fois des niveaux de consommation élevés, une faible envie de réduire, des connaissances limitées sur les risques de cancers liés à l’alcool et des caractéristiques sociales et des comportements de santé défavorables. » 

La consommation d’alcool figure parmi les trois premières causes de mortalité évitable en France, avec 41 000 décès attribuables à l’alcool en 2015. Elle est également responsable de 28 000 nouveaux cas de cancer chaque année. 

  • Source : Santé publique France. Quatremère Guillemette, Andler Raphaël, Guignard Romain, Nguyen-Thanh Viêt, Beck François. « Profils des consommateurs d’alcool en France hexagonale en 2021 et évolutions des disparités sociales ». Le point sur. Édition nationale. Mars 2026 (publié le 25 mars 2026).

  • Ecrit par : Hélène Joubert ; Édité par Vincent Roche

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