Europe : la consommation d’alcool responsable d’un tiers des décès par blessures

05 janvier 2026

C’est dans la zone Europe de l’Organisation mondiale de la santé que l’on boit le plus d'alcool dans le monde. Dans cette région, 31,1 % des 145 000 décès par blessures enregistrés en 2019 étaient liés à l’alcool.

La consommation d’alcool est l’une des principales causes évitables de traumatismes dans le monde avec un impact particulièrement important dans la zone Europe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la région du monde où l’on boit le plus. En effet, la région Europe affiche la consommation d’alcool par habitant la plus élevée au monde, avec 9,1 litres d’alcool pur par adulte de 15 ans et plus en 2022 contre une moyenne mondiale de 5 litres. La zone présente également les taux les plus élevés de consommation excessive ponctuelle au sein de sa population. Ce mode de consommation est particulièrement à risque de dommages aigus attribuables à l’alcool, notamment les blessures et les intoxications.

Et selon un rapport de l’OMS, publié en décembre 2025, sur les 145 000 décès par blessures enregistrées en 2019, l’alcool était responsable de 31,1 % d’entre eux. Les principales causes de mortalité étaient les automutilations (près de 43 650 décès), les accidents de la route (près de 24 000 décès) et les chutes (environ 19 600 décès). L’alcool est aussi responsable de 41,8 % des quelque 11 000 décès liés aux violences interpersonnelles.

« La consommation d’alcool augmente le risque de blessure en altérant le jugement, en diminuant les inhibitions, en ralentissant les temps de réaction et en altérant la coordination, autant de facteurs qui conduisent à des comportements plus risqués. Ces effets contribuent directement aux blessures non intentionnelles, telles que les accidents de la route, les chutes, les noyades et les brûlures, ainsi qu’aux blessures intentionnelles telles que l’automutilation et les violences interpersonnelles », écrivent les auteurs du rapport.

L’alcool, un catalyseur de violences

Les hommes sont les premiers consommateurs d’alcool. La prévalence des troubles liés à l’usage d’alcool (TUA) chez les hommes était de 13,4 % en 2019, contre 8,3 % chez les femmes, tandis que la consommation excessive ponctuelle était environ 2,7 fois plus fréquente chez les hommes. Ainsi, les hommes ont connu plus de quatre fois plus de décès par blessures attribuables à l’alcool, principalement en raison d’automutilations, d’accidents de la route et de chutes. Mais, les conséquences néfastes liées à la consommation d’alcool chez les hommes, que sont l’agressivité et la violence interpersonnelle, touchent de manière disproportionnée les femmes et les enfants.

« L’alcool agit comme catalyseur des violences conjugales. La consommation nocive chez les hommes constitue un facteur de risque majeur de passage à l’acte. À l’inverse, les conséquences pèsent durablement sur les victimes », souligne l’OMS dans un communiqué. « Nous savons également que les femmes victimes de violence conjugale sont deux fois plus susceptibles de développer des troubles liés à la consommation d’alcool », poursuit Melanie Hyde, responsable technique pour l’égalité des sexes au bureau européen de l’OMS.

Alors que de nombreuses études identifient l’alcool comme un facteur de risque majeur de violences conjugales et sexuelles, « des recherches supplémentaires sont nécessaires sur la façon dont l’alcool contribue à la fois au fait de subir et de perpétrer des violences interpersonnelles, en accordant une attention particulière aux violences sexistes », note le rapport.

Un clivage Est-Ouest

Les jeunes, particulièrement vulnérables face à l’alcool, constituent un groupe à part. Même s’ils en consomment moins fréquemment que les adultes plus âgés, ils ont souvent une tolérance plus faible et moins d’expérience pour évaluer leurs limites, ce qui amplifie les risques, notamment en cas de forte consommation. Cela augmente considérablement le risque d’intoxications, d’accidents, de chutes, de violence et d’automutilation.

Le rapport souligne enfin un clivage Est-Ouest quant à la proportion des décès par traumatismes attribuables à l’alcool. Ceux-ci dépassaient les 60 % dans de nombreux pays de l’est de l’Europe contre moins de 20 % dans une grande partie de l’Europe occidentale et méridionale. Des disparités attribuées, notamment, aux différentes réglementations sur l’alcool, les mesures en matière de sécurité routière ou encore les systèmes de secours.

Hausse des taxes, réduction de la disponibilité, encadrement strict de la publicité, renforcement des lois et de leur application sur la conduite en état d’ivresse… selon l’OMS ces mesures pourraient prévenir des dizaines de milliers de décès prématurés chaque année.

À noter : dans l’Union européenne, la consommation moyenne par an et par habitant (de plus de 15 ans) en France s’élevait à 11,2 litres d’alcool pur en 2022 (au-dessus de la moyenne de 9,1 litres d’alcool pur par adulte de 15 ans et plus de la zone Europe). Pour les autres pays d’Europe, on enregistre 11 litres en Espagne, 11,2 en Allemagne et au Portugal, 11,3 en Hongrie, 11,8 en Autriche, 11,9 en Pologne, 13,7 en République tchèque, et 14,7 en Lettonie. Avec 17,1 litres d’alcool pur par an et par habitant, la Roumanie affiche la plus forte moyenne.

  • Source : Alcohol-attributable injuries in the WHO European Region: overview of key findings based on 2019 data, ONU

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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