Alors que la ministre de la Santé a annoncé l’élargissement de l’obligation vaccinale à 11 valences, la question de l’innocuité de l’aluminium dans les vaccins revient dans l’actualité. Nos confrères du journal le Parisien affirment avoir obtenu un avis du conseil scientifique de l’ANSM sur le sujet. Celui-ci évoque un essai clinique montrant un effet neurotoxique… chez des souris.

L’avis du conseil scientifique de l’ANSM sur l’essai mené par le Pr Romain Gherardi, chef du service neuromusculaire à l’hôpital Henri Mondor de Créteil, n’a jamais été rendu public d’après nos confrères du Parisien. Il contient les débats de plusieurs spécialistes concernant le travail mené sur la neurotoxicité de l’aluminium présent dans les vaccins. Et ce, chez des rongeurs.

Quelles nouveautés ? Depuis de nombreuses années, l’équipe du Pr Gherardi travaille sur ce sujet et dénonce le risque de myofascites à macrophages chez les patients. Cette pathologie non reconnue officiellement, décrite par l’équipe du Pr Gherardi en 1997, consiste en une lésion spécifique au niveau du point d’injection chez de rares patients présentant des douleurs musculaires et articulaires ainsi qu’une fatigue. L’équipe à l’origine de cette révélation met en cause l’adjuvant aluminique.

Dans le récent essai – analysé dans l’avis de l’ANSM -, ces mêmes chercheurs évoquent la possibilité que des prédispositions génétiques existent pour expliquer des effets neurotoxiques de l’aluminium. « Chez la souris… », précise toutefois le Pr Daniel Floret, Président du comité technique des vaccinations. Lequel souligne qu’« il n’y a pas de données nouvelles en la matière. Chez l’homme rien n’a été démontré ».

Selon lui, à part la « présence de granulomes d’aluminium dans les muscles – ce que personne ne conteste – rien ne démontre que ce qui se passe dans le muscle est corrélé avec une quelconque maladie ».

La dose ne fait pas le poison ?

Autre donnée d’intérêt obtenue par le biais de cet essai, l’aluminium pourrait produire des effets neurotoxiques quelle que soit la dose injectée. Contrairement à ce qui est communément admis, la dose ne ferait pas le poison. Là encore, « chez la souris », martèle le Pr Floret.

Pour autant, les experts – y compris Daniel Floret – s’accordent à dire que les pistes évoquées dans le travail de l’équipe de Romain Gherardi doivent être approfondies. Citée par le Parisien, Guillemette Crépeaux, chercheuse à l’Inserm et co-auteure de l’essai, estime que depuis mars « rien » n’a été entrepris pour poursuivre cette ligne d’investigation.

A noter : Selon l’association E3M, « ces recherches […] menées de 2014 à 2016 » ont pu être financées à hauteur de 150 000 euros par l’ANSM, « suite à la mobilisation de l’association qui a mené deux grèves de la faim ». Ainsi qu’à l’engagement de « Laurence Cohen, sénatrice du Val-de-Marne, Vice-Présidente de la commission des affaires sociales et membre du Conseil d’administration de l’ANSM ».

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