Le risque de tumeur des méninges (méningiome) associé à la prise d’Androcur suscite la réaction de l’ANSM. En concertation avec l’Assurance-maladie et des soignants, l’agence vient de publier des mesures pour un encadrement plus stricte des prescriptions de ces molécules indiquées contre certaines maladies hormonales de la femme et dans la prise en charge du cancer de la prostate chez l’homme.

Selon de récentes publications de l’Assurance-maladie*, l’exposition à la molécule Androcur (acétate de cyprotérone) et ses dérivés** à « forte dose expose à un risque de méningiome multiplié par 7 par rapport au groupe de femmes faiblement exposées et qui ont arrêté le traitement ». Et il existe « une forte relation entre la dose et l’effet, le risque étant multiplié par plus de 20 au-delà d’une dose cumulée de 60 g, soit environ 5 ans de traitement à 50 mg par jour ou 10 ans de traitement à 25 mg par jour (lorsque le traitement est pris 20 jours par mois) ».

Des courriers adressés aux patients et aux prescripteurs

Réunis le 16 novembre, l’ANSM, l’Assurance-maladie et des professionnels de santé proposent donc différentes mesures visant à « sécuriser davantage l’utilisation d’Androcur et de ses génériques » :

« La mise en place rapide d’un formulaire annuel d’accord de soins, indispensable pour toute délivrance en pharmacie du médicament. Afin de susciter l’échange entre le patient et son médecin ce formulaire sera co-signé par le patient et le prescripteur » ;

« La production d’un document d’information à destination des utilisateurs actuellement traités ou envisageant un traitement par acétate de cyprotérone (diffusion d’ici la fin du 1er trimestre 2019) » ;

« L’élaboration d’un courrier destiné à l’ensemble des personnes traitées au cours des 24 derniers mois (d’ici la fin du 1er semestre 2019) » ;

« L’élaboration d’un courrier à l’attention de tous les médecins ayant prescrit de l’acétate de cyprotérone sur cette même période (également d’ici la fin du 1er semestre 2019). »

Un groupe de travail sera prochainement constitué pour la concrétisation de ces idées.

Pour rappel, le 20 septembre, l’ANSM mettait en ligne son numéro vert à disposition de tous les patients, le 0 805 04 01 10, accessible du lundi au vendredi de 9h à 19h. Et des recommandations ont été adressées en octobre aux professionnels de santé. Cliquez sur ce lien pour en prendre connaissance.

A noter : au total, on estime à 57 000 le nombre de Françaises sous Androcur en 2017.

* résultats publiés en coopération avec le service de neurochirurgie de l’hôpital Lariboisière
**la molécule concernée est l’acétate de cyprotérone

Partager cet article