Asthme : un tiers des diagnostics erronés ?

[30 janvier 2017 - 12h57] [mis à jour le 30 janvier 2017 à 13h10]

Tous les patients diagnostiqués comme asthmatiques ne souffriraient pas réellement de cette maladie respiratoire. En effet, une équipe canadienne a mené une enquête sur la pertinence des diagnostics de cette pathologie. Leurs observations sont surprenantes.

Sur 613 patients choisis au hasard dans 10 villes canadiennes et diagnostiqués pour asthme au cours des 5 dernières années, 33% était en réalité indemnes de la maladie. Indemnes ? « Il est impossible de déterminer combien de ces patients ont fait l’objet d’une erreur de diagnostic et combien ont un asthme qui est devenu inactif », précise le Dr Shawn Aaron, principal auteur de ce travail.

Toutefois, « ce dont nous sommes sûrs, c’est que 90% de ces patients ont été capables d’interrompre le traitement médicamenteux », poursuit-il. Et ce, pendant plus d’un an. Or ces molécules sont « onéreuses et induisent des effets secondaires ».

Comment expliquer ce phénomène ?

L’étude révèle que les médecins ayant diagnostiqué l’asthme de ces patients l’ont fait sans passer par des tests pourtant nécessaires. Notamment l’examen de mesure des capacités pulmonaires à l’aide d’un spiromètre. « Ils se sont en réalité uniquement appuyés sur les symptômes et leurs propres observations », précisent les auteurs.

« Aucun médecin ne s’aventurerait à diagnostiquer un diabète sans mesurer les niveaux de sucre dans son sang ou une fracture osseuse sans demander une radiographie », soulignent-ils. Or c’est bien un comportement similaire qu’ils ont observé chez les praticiens à l’origine du diagnostic d’asthme des participants à leur étude. « Nous devons impérativement former les médecins et le grand public concernant le bon diagnostic de l’asthme », concluent-ils.

Rappelons que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « de 100 à 150 millions de personnes dans le monde souffrent d’asthme et leur nombre est en augmentation ».

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