Trois ans après les attentats de 2015, Santé publique France publie un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) autour de l’impact de ces événements sur la société française. L’occasion de s’attarder sur le retentissement du 13 novembre.

Des milliers de personnes ont été directement impliquées dans les attentats du 13 novembre 2015. Pour Santé publique France, il était nécessaire d’avoir une estimation de l’impact psycho-traumatique de ces évènements. C’est pourquoi, en juillet 2016, elle a lancé une grande enquête épidémiologique via un questionnaire web : l’Enquête de Santé publique Post-Attentats de novembre 2015.

La dernière livraison du BEH est l’occasion de tirer les premiers enseignements. Ainsi, 8 mois après les attentats, 54% des menacés directs et des personnes ayant perdu un proche, et 27% des témoins présentaient un trouble de stress post-traumatique (TPST). Si Santé publique France a constaté « des augmentations des passages aux urgences et des consultations SOS Médecins pour stress et troubles anxieux au cours des deux semaines après les attentats », l’Agence note que « près de la moitié des personnes concernées n’avaient pas engagé de traitement régulier avec un psychologue ou un médecin. » La proportion étaient plus importante pour les témoins et pour les endeuillés qui n’ont pas été exposés directement. Ces derniers nécessitent pourtant la plus grande attention.

Du côté de la population générale, le 13 novembre a aussi eu un impact important. Les moins de 40 ans semblent avoir été particulièrement touchés en raison d’une certaine identification aux cibles des attaques et de l’ampleur de leur couverture médiatique.

Les secours aussi touchés

Les membres des secours et des forces de l’ordre ne sont bien entendu pas épargnés. Les rédacteurs du BEH révèlent ainsi, suite aux attentats du 13 novembre, que « de 3 à 9% des intervenants (selon le degré d’exposition) souffrent d’un TSPT et 14% d’un trouble anxieux ». Les plus touchés : ceux qui n’étaient pas suffisamment préparés et qui ne bénéficient pas d’un soutien social. Ce qui montre bien l’importance de la formation (gestion du stress avant une intervention) et l’identification de certains facteurs de risque (absence de lien social…). Ainsi que la prise en charge psychologique après l’événement.

Pour Santé publique France, ces observations sont un premier pas afin de « mieux cerner les profils des populations les plus vulnérables et sensibiliser les professionnels de santé aux conséquences du psycho-traumatisme pour une prise en charge précoce ».

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