Ce n’est pas nouveau, l’exposition répétée à des niveaux sonores supérieurs à 85 décibels (dB) peut provoquer des lésions irréversibles de l’oreille interne et conduire à une perte auditive. Pourtant, le message semble avoir du mal à passer. Notamment auprès du jeune public. Plus d’un tiers des collégiens ou lycéens écoutent leur baladeur entre 91 dB et 100 dB.

Les baladeurs musicaux peuvent ainsi provoquer des acouphènes, des sensations (tels des  sifflements ou des bourdonnements) qui ne sont pas causées par un bruit extérieur. Ils constituent un signe d’alerte de traumatisme sonore.

Dans la dernière livraison de la Revue Prescrire, les rédacteurs relaient une enquête menée en Belgique en 2011 auprès de 4 000 adolescents. Ainsi, « 60% d’entre eux utilisaient un baladeur musical quotidiennement, durant 30 à 60 minutes. Un tiers des adolescents écoutaient le baladeur à 80% de la puissance sonore maximale. » Résultat, « environ 3 élèves sur 4 ont déclaré avoir déjà eu des acouphènes temporaires, le plus souvent bilatéraux, jusqu’à 2 heures après l’exposition au bruit. »

En France, les 15-19 ans seraient 90% à utiliser un baladeur tous les jours, ou plusieurs fois par semaine. « Des mesures directes du niveau d’écoute ont montré qu’environ 1 collégien ou lycéen sur 3 écoute son baladeur entre 91 dB et 100 dB », alertent les rédacteurs de Prescrire. « Et environ 1 sur 10 à un niveau supérieur à 100 dB. »

Les conséquences sont très variables d’une personne à une autre. « Il s’agit le plus souvent d’une simple gêne temporaire et occasionnelle », peut-on lire sur le site de l’Assurance-maladie. « Mais les bruits perçus peuvent aussi incommoder en permanence le patient, affectant sa qualité de vie. Dans ce dernier cas, plusieurs effets sont possibles : des problèmes d’endormissement, des difficultés de concentration, de l’anxiété… ».

« L’apparition d’acouphènes chez des jeunes est donc l’occasion de leur faire prendre conscience de la réalité des traumatismes sonores provoqués par l’écoute musicale à très haut volume », concluent les rédacteurs de la Revue Prescrire.

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