Autisme : un trouble diagnostiqué dès 18 mois ?

[19 février 2018 - 12h16] [mis à jour le 19 février 2018 à 12h20]

Ce 19 février, la Haute Autorité de Santé publie de nouvelles recommandations pour renforcer le dépistage de l’autisme. Un pas en avant pour anticiper la prise en charge d’un trouble neurodéveloppemental qui peut se déclarer entre 1 et 2 ans.

Pour améliorer le diagnostic de l’autisme, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de « mobiliser toutes les personnes en contact avec l’enfant pour repérer les signaux d’alerte ».

Du médecin traitant aux spécialistes

La HAS conseille d’abord de « s’appuyer sur le médecin traitant pour proposer au plus vite de premières actions. » Dans le cadre des examens de santé réguliers et obligatoires de 0 à 6 ans, ce dernier « doit systématiquement s’intéresser à la communication et à la motricité de l’enfant ». En cas de signaux d’alerte, ce dernier doit « consacrer une consultation dédiée à la recherche de signes de l’autisme ».

« Si la suspicion d’autisme est confirmée, le médecin va orienter l’enfant vers une consultation spécialisée pour confirmer le diagnostic », conseille la HAS. « Le délai d’attente étant encore long (6 mois à 1 an parfois), le médecin traitant proposera sans attendre des examens ORL, ophtalmologiques, orthophoniques et du développement moteur ». Et si besoin, de premières « interventions de rééducation (orthophonie, kinésithérapie, psychomotricité) et de socialisation de l’enfant (crèche, centre de loisirs) seront réalisées avec une demande de vigilance particulière des différents professionnels ».

Au fil de plusieurs séances, le diagnostic sera ensuite posé « étape par étape par les équipes spécialisées pour initier un projet d’interventions personnalisé » en faisant appel à plusieurs disciplines : les pédopsychiatres, les psychologues, les professionnels de la rééducation… au sein de services adaptés*. En cas de diagnostic difficile à établir ou de troubles associés multiples, l’enfant sera dirigé vers un centre de ressources autisme ou un service hospitalier dédié à l’autisme ou aux troubles du neurodéveloppement.

Dans tous les cas, les parents bénéficieront d’un temps de discussion au moment de l’annonce « pour élaborer avec eux un projet personnalisé, le plus rapidement possible ».

Ces recommandations surviennent alors qu’en France, l’autisme est diagnostiqué « trop tardivement, en moyenne entre 3 et 5 ans ». Pourtant, « plus le diagnostic est posé tôt, plus les interventions pourront être mises en place précocement et aideront l’enfant dans son développement. »

Un diagnostic complexe

Trouble neurodéveloppemental, l’autisme affecte plusieurs pans du développement de l’enfant : le langage, la sociabilité, le développement moteur et sensoriel. Mais les symptômes de l’autisme sont confondants avec d’autres troubles altérant ces capacités (une atteinte de l’audition, de la vision, du langage ou du développement moteur, une affection neurologique, des troubles « dys », un trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité…).

Par ailleurs, le repérage du trouble sera d’autant plus difficile si « l’autisme de l’enfant est d’une faible sévérité et n’est pas associé à une déficience intellectuelle », car l’enfant peut alors «compenser’ jusqu’à un certain point ses difficultés ».

A noter : « les premiers signaux d’alerte peuvent être repérés par les parents et les professionnels de la petite enfance : absence de babillage, de pointage à distance avec le doigt ou de gestes sociaux (coucou, au revoir) avant 12 mois, de mots à 18 mois et au-delà, d’association de mots à 24 mois et au-delà. »

*services de psychiatrie infanto-juvénile, de pédiatrie, de centres d’action médico-sociale précoce, de centres médico-psycho-pédagogiques, de professionnels libéraux coordonnées entre eux par un médecin…

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