Bruit nocturne : ces Franciliens poussés à prendre des médicaments pour dormir

16 décembre 2025

Une étude française montre le lien entre l’exposition au bruit et la consommation de médicaments pour dormir en Ile-de-France. 8 millions de Franciliens sont exposés à un bruit routier nocturne supérieur aux recommandations de l’OMS et 510 000 sont sous somnifères.

Dans les zones urbaines densément peuplées, le bruit contribue à la détérioration de la qualité de vie des populations urbaines. Avec une manifestation principale : l’émergence de troubles chroniques du sommeil tels que l’insomnie.

L’étude Somnibruit, publiée le 15 décembre, a inclus 10,5 millions de Franciliens, résidents de 432 communes de la région et de 20 arrondissements parisiens. Les équipes scientifiques de Bruitparif, de l’Observatoire régional de santé (ORS Île-de-France) et de l’unité de recherche Sommeil-Vigilance-Fatigue (VIFASOM) co-dirigée par le Pr Damien Léger de l’Université Paris Cité se sont penchées sur le sommeil des habitants de cette zone densément peuplée. Ils ont analysé des données recueillies entre 2017 et 2019 concernant le remboursement de médicaments à visée hypnotique (les médicaments capables de maintenir ou d’induire le sommeil) par commune et arrondissement ainsi que les niveaux de bruits nocturnes générés par les trafics ferroviaire, routier, aérien et ceux de la vie urbaine récréative, bars et restaurants notamment. Ces dernières données étant peu documentées dans les travaux scientifiques réalisés sur ce sujet. Objectif : mieux connaître et évaluer les effets du bruit sur les troubles du sommeil.

Une augmentation des remboursements de médicament corrélée au niveau sonore

Les résultats de cette enquête ont permis de mettre en lumière, à l’échelle des communes et arrondissements, le taux de patients atteints de troubles du sommeil par le biais des remboursements de psychotropes à visée hypnotique prescrits.

  • 510 000 adultes sont traités chaque année en zone dense franciliennes pour trouble chronique du sommeil avec 1,6 fois plus de femmes.
  • 76 % de la population, soit 8 millions de franciliens résidents en zone dense, est exposée à un niveau de bruit supérieur aux recommandations de l’OMS, un niveau de bruit routier de 45 dB(A) à ne pas dépasser entre 22 heures et 6 heures du matin. Le bruit provenant de la route constitue la nuisance sonore la plus préoccupante dans la zone dense de l’Île-de-France (432 communes et 20 arrondissements parisiens). Le bruit de la vie nocturne récréative, encore davantage que le trafic aérien et ferroviaire, constitue une nuisance non négligeable dans certains quartiers, notamment parisiens, et pourrait contribuer à la prévalence de troubles chroniques du sommeil.
  • une augmentation du niveau de bruit nocturne est associée à une augmentation significative du remboursement de médicaments pour lutter contre l’insomnie, et ce, quelle que soit la source de bruit ;
  • si le bruit était ramené aux valeurs recommandées par l’OMS, 15 000 personnes, soit 3 % des cas pourraient éviter les troubles chroniques dans une même zone.

« Les résultats confirment l’existence d’une association significative entre ces expositions et le taux de patients recevant ces médicaments et corrobore ainsi l’hypothèse selon laquelle le bruit constitue un déterminant environnemental des troubles chroniques du sommeil », écrivent les auteurs de l’étude dans le rapport. Pour eux, il est nécessaire d’intégrer la problématique du bruit dans la prévention des troubles du sommeil et de promouvoir une meilleure prise en compte des nuisances sonores en milieu urbain sans les limiter au seul bruit des transports.

  • Source : Université Paris Cité, Observatoire régional de Santé

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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