La tumeur du pancréas reste l’une des plus difficiles à soigner. Aujourd’hui, un chercheur de l’Inserm présente les espoirs placés dans un marqueur sanguin potentiellement utile pour améliorer l’accès à la chirurgie. 

Diagnostiquée chez 12 000 Français chaque année, la tumeur du pancréas reste l’une des plus dangereuses. Mais pour quelles raisons ? « Ces tumeurs sont entourées d’épaisses fibres nerveuses qui se constituent progressivement et permettent à certaines cellules cancéreuses de migrer facilement pour former des métastases à distance », détaille le Pr Richard Tomasini, chercheur à l’Inserm*.

Autre point, les scientifiques ont réalisé que « certains des messagers émis par les cellules environnantes [de la tumeur], dites stromales, peuvent rendre la tumeur très agressive ». 

Cibler les cellules autour de la tumeur ?

Cette découverte fait bouger les lignes des stratégies thérapeutiques à l’essai.  « Alors que les traitements expérimentaux ont exclusivement ciblé les cellules cancéreuses depuis 30 ans, il semble clair aujourd’hui que les cellules stromales doivent l’être tout autant pour combattre efficacement la maladie. » 

L’obstacle ? Il s’agit de cibler uniquement les cellules dites protumorales, c’est-à-dire celles qui ont un potentiel à devenir malsaines. Et non les cellules dépourvues de tout avenir cancérogène. « Préserver les cellules qui participent à la réponse immunitaire antitumorale » est indispensable.

Une solution aurait été débusquée par l’équipe du Pr Tomasini. Localiser le marqueur PAP, une protéine spécifiquement secrétée par les cellules stromales.  « Notre objectif est aujourd’hui d’évaluer si le dosage sanguin de PAP peut aider à améliorer la sélection des patients pouvant bénéficier d’une chirurgie efficace. » Jusqu’ici, les seuls critères pour accéder à la chirurgie étaient la taille de la tumeur et le stade de la maladie. « Mais on s’est aperçu que certains cancers du pancréas sont de petite taille mais très agressifs, ce qui réduit les chances de succès de la chirurgie, alors que d’autres, bien que plus volumineux, ont moins de risque de récidive ou de métastase. » 

A noter : en France, seul 1 patient sur 5 peut bénéficier d’une opération du fait d’une prise en charge trop tardive. Et dans les 5 ans suivant le diagnostic, 10% des malades sont encore en vie.

* groupe Microenvironnement et tumorigenèse pancréatique, au sein de l’équipe Cancer pancréatique du Centre de recherche en cancérologie de Marseille (unité 1068 Inserm/CNRS/CLCC/Aix-Marseille Université).

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