Molécules issues du cannabis, les cannabinoïdes allongeraient l’espérance de vie dans le cas de cancer du pancréas. Une efficacité à ce jour prouvée chez la souris par des chercheurs britanniques et australiens.

Des scientifiques* ont formé deux groupes de souris atteintes d’un cancer du pancréas : le premier, mis sous cannabinoïdes (cannabidiol, CBD) pendant la chimiothérapie et le second uniquement traité par chimiothérapie.

Résultat, « les souris atteintes d’un cancer du pancréas survivraient 3 ans de plus comparées au groupe contrôle », détaille le Pr Marco Falasca. Prescrit pour ses vertus tranquillisantes et analgésiques, « le cannabidiol est déjà utilisé en clinique**. Nous pouvons espérer tester cette approche rapidement chez l’Humain ».

En France, le cadre légal diffère : « les seuls produits contenant des tétrahydrocannabinols (THC) et du CBD pouvant revendiquer des allégations thérapeutiques sont les médicaments autorisés par l’ANSM », peut-on lire sur le site http://www.drogues.gouv.fr. Mais aussi ceux validés par « la Commission européenne sur la base d’un dossier évalué selon des critères scientifiques de qualité, sécurité et efficacité. Le non-respect de cette réglementation est passible de sanctions pénales ».

Aucun risque psychoactif ?

Selon le Pr Falasca, « le CBD n’engendre pas d’effets psychoactifs, contrairement au THC. L’usage thérapeutique du CBD vise à améliorer la qualité de vie des patients ». Et précisément à « diminuer les symptômes associés à la chimiothérapie comme les nausées, les diarrhées et les vomissements ».

A noter : le cancer du pancréas atteint 9 800 nouveaux patients chaque année au Royaume-Uni. En France, cette donnée s’établit à 12 000. Une tumeur considérée comme l’une des plus dangereuses : son diagnostic souvent tardif et peu de traitement efficace engendrent un mauvais pronostic vital. Dans l’Hexagone, seul 1 patient sur 5 peut bénéficier d’une opération. Et dans les 5 ans suivant le diagnostic, 10% des malades sont encore en vie.

* Queen Mary University (Londres, Royaume-Uni), Curtin University (Australie)
**En France, la prescription médicinale de cannabidiol reste illégale

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