Cancer du sein : l’autogreffe proposée aux femmes

[18 octobre 2013 - 11h34] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h58]

Après un Diep, les cicatrices, blanches et peu profondes, s’atténuent dans les mois qui suivent l’intervention. © CHU Nantes.

En France, la moitié des patientes opérées pour un cancer du sein choisissent l’autogreffe. Cette technique consiste à prélever un lambeau de peau sur l’abdomen, pour le greffer ensuite sur la poitrine. Le Dr Pierre Perrot, chirurgien oncologue au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Nantes, précise les enjeux de cette opération pratiquée sans limite d’âge.

« Après une mastectomie, de nombreuses patientes veulent retrouver leur féminité, sans pour autant avoir recours à une prothèse artificielle », précise le Dr Pierre Perrot. Solution : le deep inferior epigastric perforator flap, (Diep), proposé depuis les années 2000 en France. Originaire des Etats-Unis, cette technique permet la reconstruction mammaire suite à une mastectomie. Soit la récupération de l’un ou des deux sein(s) après ablation de l’organe.

Une intervention oncologique

Le principe : un prélèvement de peau, effectué sur l’abdomen de la femme entre le nombril et le haut du pubis, sera greffé sous microscope à l’emplacement de la future poitrine. « Aucun muscle n’est prélevé, seulement de la graisse vascularisée par une veine et une artère – dites perforantes – pour reconnecter le lambeau de peau sur la zone pectorale », indique le chirurgien nantais.

Etape par étape

« Dans un premier temps, le sein est reconstruit en volume, puis son aspect est corrigé pour l’harmoniser avec l’autre ». C’est ce que les spécialistes appellent une reconstruction autologue. L’intervention dure entre 5 h 30 et 7 heures. Cinq jours d’hospitalisation sont nécessaires après l’opération. Ensuite, le reste du travail consiste à effectuer des corrections. D’où l’intérêt des consultations effectuées dans les mois qui suivent l’intervention.

Les bénéfices durables

Même si la cicatrice ne s’estompe jamais totalement, elle est résiduelle et donc dissimulable grâce aux sous-vêtements.
Autre avantage : le Diep supporte bien l’irradiation provoquée par la radiothérapie. « Après l’opération, la patiente pourra donc poursuivre son traitement », ajoute le Dr Pierre Perrot.

Pour 20% des patientes opérées pour un cancer du sein, cette technique est contre-indiquée, en raison notamment d’une laxité ventrale (souplesse) insuffisante. Le tissu graisseux et l’épaisseur de la peau doivent être suffisants – mais pas trop – pour faciliter l’accès aux vaisseaux. « Une contre-indication que le chirurgien repère au cours de la première consultation, notamment chez les femmes maigres, très minces, ou obèses », précise le Dr Pierre Perrot. A ce jour, trente sites hospitaliers, publics ou privés, pratiquent cette intervention, prise en charge par l’Assurance-maladie

Ecrit par Laura Bourgault : – Edité par : Marc Gombeaud

Partager cet article