Pour diminuer le risque de complications post-opératoires, les chirurgiens misent sur l’implication du patient. Plusieurs techniques existent : inciter le malade à pratiquer du sport avant son entrée à l’hôpital, ne plus obliger les patients à être à jeun le jour de l’opération, proposer un déplacement à pied jusqu’au bloc opératoire au lieu d’un transfert en brancard.

« De la même manière qu’une compétition sportive est précédée d’un entraînement assidu, une intervention chirurgicale demande de la préparation », explique le Pr Patrick Pessaux, chirurgien hépato-bilio-pancréatique au CHU de Strasbourg à l’occasion du 118e Congrès français de Chirurgie organisé du 28 au 30 septembre à Paris. Pour maximiser les chances de récupération et réduire la durée du séjour hospitalier, la « réhabilitation améliorée » place justement le patient au cœur de sa prise en charge. Mais en quoi consiste cette méthode ?

Quelles recommandations ?

« La pratique d’un sport est conseillée dans les jours avant l’intervention pour maintenir un bon tonus et une activité respiratoire régulière. » Le jeûne n’est plus imposé et « peut être remplacé par une alimentation hypercalorique la veille de l’intervention pour préserver les ressources de l’organisme ». Autre point, la marche pour aller au bloc « favorise la circulation sanguine et éloigne le risque de phlébite et d’embolie pulmonaire ». La reprise d’une alimentation normale en post-opératoire fait elle aussi partie des conseils prodigués dans la réhabilitation améliorée. Toutes ces recommandations facilitent la phase post-opératoire. Ainsi, certains patients « sont capables de manger et de marcher après une ablation d’une partie du côlon », note le Pr Pessaux.

Au total, la « charte » de la réhabilitation comprend dix items. L’accent est également mis sur les séjours en ambulatoire et sur l’utilisation des technologies comme la réalité augmentée au bloc opératoire. Mais aussi l’utilisation du suivi des patients à distance. « Les bénéfices escomptés (réduction du risque de complications et diminution de la durée du séjour hospitalier ndlr), surviennent si 80% de ces mesures sont appliquées ».

La peur du changement

La réhabilitation améliorée est employée en chirurgie orthopédique et thoracique. Mais cette méthode, apparue dans les années 90 au Danemark, tarde à se déployer en France. Pour faire avancer les choses, « ce programme fait aujourd’hui l’objet d’un protocole ». Tous les résultats des patients en réhabilitation améliorée sont répertoriés dans un fichier. L’objectif étant à terme d’« évaluer les taux de complication et la durée des séjours hospitaliers concrets ».

Mais que sait-on aujourd’hui sur l’efficacité de cette pratique encore très récente en France ? « Tous domaines médicaux confondus, cette méthode diminue de moitié le risque de complications afférentes à la chirurgie. » En tête de lice, « les pathologies liées au contact avec les bactéries, propres au milieu hospitalier, comme les maladies nosocomiales », conclut le Pr Pessaux.

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