Choc toxique : des tampons rassurants ?

[04 juillet 2017 - 16h14] [mis à jour le 07 juillet 2017 à 10h33]

L’utilisation de tampons ou de coupes périodiques induit un risque de choc toxique lié à la présence d’une bactérie. Afin d’évaluer ce risque, le Centre national de référence des staphylocoques des Hospices civiles de Lyon (HCL) a collecté des protections vaginales usagées. Ce 5 juillet, les chercheurs du centre présentent les premiers résultats d’analyses réalisées en parallèle. Effectuées in vitro, elles se révèlent rassurantes. Les protections périodiques ne stimuleraient pas la prolifération de la souche de staphylocoque doré responsable de la production de la toxine responsable. Mais la valeur de ces données reste limitée.

Grâce à la collecte lancée en octobre dernier, le Centre national de référence des staphylocoques des HCL a pu analyser 700 tampons usagés. Objectif, déterminer dans quelle mesure leur utilisation induit un risque de choc toxique lié aux règles. En parallèle, les chercheurs ont mené d’autres analyses, dont ils viennent de présenter les premiers résultats. Ils « ont choisi de tester les marques les plus utilisées ainsi que des tampons ayant des compositions différentes », expliquent les Hospices Civils de Lyon. « Ils ont essayé de reproduire les conditions de culture se rapprochant le plus de celles du vagin avec peu d’oxygène. »

Les résultats s’avèrent rassurants. En effet, « contrairement au tampon Rely® retiré du marché dans les années 80, aucun dispositif vaginal ne stimule la production de la toxine TSSTT-1 qui déclenche le choc toxique », soulignent les scientifiques. « Certains tampons ont même un effet protecteur, principalement lié à leur structure et de façon plus faible à leur composition. » Dans le détail, « la densité de fibres semble jouer un rôle majeur et aucun relargage de produit par les tampons ayant un impact sur le staphylocoque n’a été observé ». En réalité, cet effet protecteur n’existe que par rapport à d’autres protections périodiques. Aucune tampon ne protège évidemment contre le choc toxique.

Toutefois, « les différences observées entre les marques et les dispositifs ne  peuvent pas être transposées systématiquement pour une  recommandation pratique, en raison du caractère préliminaire et de possibles biais expérimentaux », précise toutefois le Pr Gérard Lina, principal auteur de ce travail.

Des coupes à surveiller ?

Certaines coupes menstruelles ont également été analysées. « En ayant un diamètre plus important que les tampons, elles permettent une arrivée d’air et donc d’oxygène plus importante et favorisent plus la croissance du staphylocoque et la production de la toxine », affirment les chercheurs. Afin de réduire ce risque, ils recommandent d’utiliser ces dispositifs comme les tampons. C’est-à-dire « ne pas les porter la nuit pendant son sommeil et le jour plus de 6 heures ».

Comment utilisez-vous vos protections vaginales ?

D’après ces résultats rassurants, le choc toxique semble « résulter d’un défaut d’information des utilisatrices », estiment les scientifiques lyonnais. Les fabricants de tampons ne sont donc pas du tout mis en cause, alors que la composition de leurs produits n’est toujours pas rendue publique. Le centre nationale de référence du Staphylocoque affirme avoir besoin de « données sur l’utilisation des tampons ainsi que sur l’éducation données aux femmes sur le sujet afin d’identifier comment améliorer les pratiques ». Pour les obtenir, il lance une grande enquête nationale. Si vous souhaitez y participer, cliquez ici. Malheureusement, il ne concerne pas les femmes qui porte des coupes menstruelles. Ses résultats auront donc, eux aussi, une validité limitée.

A noter : En France, la surveillance des chocs toxiques liés aux règles repose sur les données recueillies par le Centre national de référence des staphylocoques. Tous les cas recensés au CNR sont le fait de déclarations spontanées des cliniciens ou des microbiologistes. Le recensement est donc encore difficile.

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