Contre le cancer… un nanorobot asphyxie de la tumeur

[14 février 2018 - 16h15] [mis à jour le 14 février 2018 à 16h18]

Des chercheurs américains et chinois ont mis au point des nanorobots capables de rétrécir la taille d’une tumeur en coupant son système d’oxygénation. Une efficacité à ce jour révélée chez la souris.

Pour la première fois, des scientifiques ont mis au point un nanorobot autonome capable de rompre le système d’alimentation en oxygène de cellules cancéreuses. « Ce dispositif prend la forme d’un écran de 90 nanomètres de long par 60 nanomètres de large équipé d’un capteur spécifique à sa surface capable de reconnaître la cellule cancéreuse », décrivent les chercheurs*.

Ensuite, à la manière d’un de cheval de Troie, ce nanorobot va bloquer l’alimentation de la cellule cancéreuse. Mais comment ? En libérant une enzyme appelée thrombine au niveau de l’ADN tumoral.

Contre le cancer du sein, des ovaires, des poumons et de la peau

Les premiers tests ont été menés chez la souris à qui les chercheurs ont injecté des cellules humaines responsables d’une tumeur du sein, des ovaires, des poumons ou de la peau. « L’activité de ce nanorobot a été observée dans les 24 heures suivant son administration ». Et l’organisme des souris a ensuite éliminé ces nanorobots de façon naturelle.

« Deux jours après l’administration de ce traitement, une thrombose** avancée au niveau des vaisseaux irriguant la tumeur était observée. En 3 jours, la thrombose était totale. » Chez 3 des 8 souris atteintes d’un mélanome, la régression de la tumeur était complète grâce à cette thérapie. La médiane de survie a plus que doublé dans ce groupe, passant de 20,5 jours à 45 jours. Et « en plus de détruire la tumeur primaire, le nanorobot est aussi venu limiter le risque de métastase ».

Jusqu’ici, les nanoparticules développées contre le cancer ne préservaient pas suffisamment les tissus autour de la tumeur. Mais avec ce nanorobot, « nous ciblons uniquement la zone au sein de laquelle les cellules tumorales se nourrissent en oxygène pour grandir. Un procédé qui épargne les cellules saines environnantes ». Autre point positif, « cette technologie pourrait être efficace dans la prise en charge de plusieurs cancers », constate le Pr Hao Yan***. En effet, « la plupart des vaisseaux sanguins irriguant les tumeurs solides se ressemblent ».

* Biodesign Institute’s Center for Molecular Design and Biomimetics, Arizona State University, National Center for Nanoscience and Technology, Chinese Academy of Science

**tissus de l’organe non oxygénés

***directeur du Biodesign Institute’s Center for Molecular Design and Biomimetics, Arizona State University

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