L’acide docosahexanoïque, plus connu sous le nom de DHA pourrait s’avérer efficace pour freiner la croissance tumorale. Cet acide gras de la famille des oméga-3 possède en effet des propriétés anti-inflammatoires intéressantes.

Les acides gras apportés par l’alimentation jouent un rôle important dans la régulation des cellules cancéreuses. Selon leur nature, ils peuvent favoriser ou à l’inverse inhiber la croissance tumorale. Ainsi, des données épidémiologiques et cliniques ont montré que le DHA, un acide gras majeur au sein de la famille des oméga-3, peut limiter le risque d’évolution des cancers colorectaux. Cette régulation repose sur les propriétés anti-inflammatoires de la molécule, dont des chercheurs de l’INSERM ont voulu mieux décrire le fonctionnement.

Des scientifiques de l’Unité INSERM 866/Université de Bourgogne ont montré que le DHA était à l’origine de l’augmentation de l’un des médiateurs clefs du processus inflammatoire, le TNF-alpha. Rappelons que l’inflammation est une composante indissociable du cancer. Dans ce paysage, « le TNF-alpha est un médiateur paradoxal », explique Mickael Rialland qui a dirigé l’étude. « Selon l’environnement local, il favorise la              croissance des cellules tumorales ou au contraire, leur mort par apoptose ou nécrose programmée ». Sur des souris porteuses de tumeurs colorectales humaines, les scientifiques ont observé que le TNF-alpha produit par le DHA participait en réalité à l’apoptose des cellules cancéreuses.

Cependant, ce phénomène doit désormais être étudié sur des tumeurs de nature différente. Il a en effet été démontré que le DHA n’a pas toujours cette propriété. Son action varie selon le type de cellules cancéreuses. Ces prochaines études pourraient par ailleurs permettre de mieux comprendre le rôle des oméga-3 et de déterminer le profil moléculaire des tumeurs sensibles à l’effet anti-cancéreux de ces acides gras.

Partager cet article