Don de sang : qui sont les exclus ?

[09 novembre 2015 - 15h49] [mis à jour le 09 novembre 2015 à 17h06]

Le 4 novembre dernier, Marisol Touraine, ministre en charge de la Santé, a annoncé qu’à partir de  2016, les « hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes », pourront donner leur sang. Dès lors, quels sont les publics toujours frappés d’une interdiction définitive ? Et qui sont les « exclus temporaires » ? Eléments de réponses… parfois surprenants.

L’interdiction de donner son sang reste stricte pour plusieurs publics. Tout d’abord, les personnes ayant subi une transfusion sanguine, une greffe d’organe, de tissus ou de cellules. Cette mesure est avant tout basée sur le principe de précaution, et « non sur un risque ou un agent aujourd’hui identifié », insiste l’Etablissement français du Sang (EFS). En fait, depuis le 15 septembre 1997, l’objectif est de lutter le plus précocement possible contre des agents infectieux encore non identifiés.

Autre élément de restriction, le fait d’avoir cumulé plus de 12 mois de vie en Grande-Bretagne entre 1980 et 1996. Si cette mesure peut sembler curieuse, elle s’appuie sur un éventuel risque de transmission de l’encéphalopathie spongiforme bovine, plus connue sous la dénomination de « maladie de la vache folle ». Il s’agit là encore d’une application du principe de précaution.

Le don est également proscrit en cas de diabète insulinodépendant ou de traitement contre l’épilepsie. Tout comme pour les personnes pesant moins de 50kg.

Dernières exclues du don (même si cette éviction n’est pas à proprement parler définitive): les femmes enceintes. La raison est simple. Il s’agit d’éviter tout risque d’anémie. Le don de sang sera possible 6 mois après l’accouchement, y compris pour celles qui allaitent.

Des restrictions temporaires et parfois singulières

Environ 10% des sujets souhaitant faire un don présentent une contre-indication.  Dans les trois-quarts des cas, leur ajournement n’est que temporaire. Ainsi :

  • en cas d’anémie, le donneur fait l’objet d’un ajournement de 6 mois ;
  • Si vous revenez d’un séjour en zone impaludée,vous devrez respecter un délai de quatre mois avant de pouvoir donner votre sang ;
  • Si vous venez de vous faire tatouer ou piercer. En effet, dans la mesure où il est difficile de connaître l’état de stérilisation des aiguilles et des instruments utilisés, « on peut considérer qu’il s’agit d’une situation à risque plus élevée de contracter une infection tel que le virus de l’hépatite C », prévient l’EFS. Là encore un ajournement de 4 mois sera nécessaire ;
  • Ne soyez pas surpris si au moment du don, l’on vous demande si vous êtes allé récemment chez le dentiste. Les soins dentaires peuvent en effet entraîner la migration de bactéries dans le sang. C’est pourquoi, vous pourrez donner 24 heures après le traitement d’une carie simple et une semaine après un détartrage ou une extraction dentaire ;
  • Fort logiquement enfin, en cas de maladie virale (grippe, gastro-entérite, etc…), il convient d’attendre deux semaines après la fin des symptômes pour pouvoir donner son sang. De même, en cas de prise de médicaments (antibiotiques …), un délai de quatorze jours après la fin du traitement est nécessaire.

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