Drogues : des jeunes toujours sous emprise

[21 avril 2015 - 17h44] [mis à jour le 21 avril 2015 à 17h45]

Dévoilée au grand public ce mardi 21 avril, l’enquête ESCAPAD fait un état des lieux des consommations à risque chez les jeunes Français. Si le phénomène de binge-drinking recule légèrement, les épisodes alcoolisés sont de plus en plus fréquents. Par ailleurs, les usages réguliers de cigarettes et de cannabis sont à la hausse dans la population adolescente.

Qu’il s’agisse d’expérimentation ou d’usage régulier, la consommation de substances psychoactives par les adolescents reste élevée. Pour le prouver, les enquêteurs de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont analysé pour le 8e volet de l’enquête ESCAPAD, les questionnaires remplis en 2014 par 22 023 jeunes âgés de 17 ans. Tous ont dû préciser leur état de santé et leurs habitudes de consommation concernant une dizaine de substances psychoactives.

Drogues douces… et dures

L’alcool. Cette substance est aujourd’hui prise à des intervalles de plus en plus réguliers. Ainsi, 12,3% des interrogés ont bu de l’alcool au moins 10 fois dans le mois précédent le questionnaire. En revanche, les ivresses et les alcoolisations ponctuelles importantes (API) sont en recul. Preuve en est, 48,8% des jeunes disent avoir bu au moins 5 verres en une même occasion au cours du mois écoulé, contre 53,2% en 2011.

Tabac et cannabis. Concernant les usages non réitérés, le taux d’expérimentation unique du tabac se stabilise, mais la consommation quotidienne ne cesse de progresser. Ainsi, en 2014, près de 7 adolescents sur 10 ont déjà essayé la cigarette, et 32,4% fument tous les jours (contre 31, 5% en 2011). Quelle que soit la fréquence d’usage, la consommation de cannabis, elle, progresse. Un phénomène jamais observé depuis 2003 dans l’Hexagone. Tous sexes confondus, 5 jeunes sur 10 de 17 ans ont déjà fumé un joint.

Point positif, la part des adolescents n’ayant jamais fait l’expérience du tabac, de l’alcool et du cannabis est de plus en plus importante : 8% aujourd’hui contre 6,6% en 2011.

Les drogues dures. Les poppers et les produits d’inhalations sont les plus fréquemment utilisés. Viennent ensuite la cocaïne, les amphétamines, le LSD, l’héroïne et le crack.

Un échec politique ?

Depuis des années, la politique en France fonctionne de manière « très binaire », a réagi la Fédération Addiction. Encore aujourd’hui, le consommateur est automatiquement associé à « un délinquant ou à une personne malade ». Eviter ces situations extrêmes passe par une nouvelle stratégie de la prévention. Pour éloigner les jeunes de la consommation de drogues, il s’agit de ne plus miser sur la seule pénalisation de l’usager via :

 

  • Le maintien des efforts menés par l’INPES pour la mise en place des Consultations Jeunes Consommateurs (CJC), lesquelles ont fait leurs preuves dans certaines régions pilotes de France ainsi qu’en Suisse ;

 

  • Le travail en équipe entre soignants et professionnels de l’éducation afin d’assurer une approche complète auprès des adolescents, sujets aux consommations à risque.

 

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