Le droit à l’avortement sauve des vies

[28 septembre 2017 - 13h57] [mis à jour le 28 septembre 2017 à 14h05]

Décider librement de leur sexualité, de leur santé, de leur vie. A l’occasion de la journée dédiée au droit à l’avortement ce 28 septembre, l’OMS publie les dernières données en la matière. Tout comme Médecins du Monde, elle rappelle l’importance de ce droit des femmes et des filles de par le monde.

« Aujourd’hui, 214 millions de femmes qui souhaitent éviter ou différer une grossesse dans les pays en développement n’ont toujours pas accès aux services de planification familiale », rappelle MdM. Au total, le nombre de grossesses non désirées est estimé à 80 millions par an. D’après les chiffres récents de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Guttmacher Institute, « 25 millions d’avortements non médicalisés et dangereux se sont déroulés chaque année entre 2010 et 2014 ».

En effet, dans plus de 100 pays, l’accès à l’avortement demeure impossible car pénalisé ou socialement condamné. Résultat, « les complications liées aux avortements réalisés clandestinement comptent parmi les principales causes de mortalité maternelle avec 50 000 décès par an », rappelle MdM. Sans grande surprise les pays les plus concernés par ce fléau se trouvent en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

L’OMS détaille dans sa dernière publication dans la revue Le Lancet, des données précises concernant les interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans le monde. Ainsi « environ 55% des avortements ont été menés selon les recommandations de l’OMS ». Près de 31% étaient « moins sécurisés ». En d’autres termes, « les IVG ont été réalisées par des personnels formés avec des méthodes anciennes ou avec une technique sûre mais par des intervenants non formés », précise l’organisation. Enfin, « 14% des avortements étaient dangereux pour la patiente » car menés par des individus non formés avec des techniques périlleuses.

Agir pour ces droits fondamentaux

« Pourtant, il suffirait de répondre aux besoins en contraception des femmes et d’améliorer la qualité des soins en santé sexuelle et reproductive pour réduire le nombre de grossesses non désirées, le taux d’avortements à risque et la mortalité maternelle de près de 75% », souligne MdM.

Convaincu de l’importance de cet enjeu majeur de santé et de développement, Médecins du Monde a rejoint en juillet dernier le mouvement Family Planning 2020. Celui-ci « s’engage à assurer l’accès aux méthodes de contraception modernes pour un million de femmes et de filles d’ici à 2020 dans 13 pays d’intervention ». Pour le Dr Françoise Sivignon, présidente de MdM, « le droit à la contraception et le droit à l’avortement sont essentiels et complémentaires à l’autonomie des femmes. Ces enjeux vont au-delà du secteur de la santé ».

C’est pourquoi l’ONG rappelle en cette occasion que la détermination politique est essentielle. Et doit se traduire en actes. Ainsi, « alors qu’Emmanuel Macron réaffirmait il y a quelques jours le nécessaire combat pour la liberté des femmes, cette volonté doit s’incarner dans la politique d’aide au développement par une diplomatie engagée et surtout par la mobilisation de ressources ciblées et pérennes ».

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