Du sport contre le jet lag !

[06 mars 2019 - 11h15]

La mélatonine de synthèse fait beaucoup de déçus pour pallier les effets d’un jet lag. Bonne nouvelle, l’exercice physique aiderait à décaler l’horloge biologique. Mais ce mécanisme est observé lorsque la séance de sport survient à des moments bien précis de la journée…

Agir sur le tic-tac de l’horloge biologique : notre cycle circadien correspond à la régulation des phases de 24 heures, en fonction de nos besoins physiologiques comme le sommeil et l’appétit. La lumière naturelle agit particulièrement sur ce cycle : ce n’est pas un hasard si des gélules de mélatonine (hormone normalement sécrétée par l’organisme pour favoriser l’endormissement) sont parfois utilisées pour contrer le jet lag, si vous voyagez vers d’autres fuseaux horaires.

Mais ces compléments alimentaires, dont l’efficacité semble remise en question, ne sont pas sans risque. Ainsi, en avril 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) mettait en garde contre le risque de 90 effets indésirables associés à ces gélules. Le sport engendre lui aussi des bénéfices pour recaler les besoins du corps sur le bon fuseau horaire, un phénomène plus naturel mais bien moins connu.

1 heure de sport par jour : pour étudier l’impact de l’activité physique sur l’horloge biologique, des chercheurs américains* ont suivi 101 volontaires pendant 5 jours et demi. L’horloge biologique était observée à partir d’échantillons urinaires collectés toutes les 90 minutes. Cette mesure permettait d’observer les pics de mélatonine, hormone favorisant le sommeil. Ensuite, place aux épreuves de marche ou de course à une intensité modérée, à raison d’une heure quotidienne pendant 3 jours consécutifs. Chaque personne faisait son sport sur l’une des huit différentes plages horaires prévues. L’heure biologique, donnée par la lecture de l’échantillon urinaire, était évaluée une dernière fois à la fin de la troisième session de sport.

Plutôt du soir ou du matin ? Résultat, « une séance de sport à 7 heures du matin ou entre 13h et 16h avance l’horloge biologique. Et l’exercice physique réalisé entre 19h et 22h retardait l’horloge biologique ». Concrètement, les besoins de sommeil et l’appétit variaient en fonction des horaires de pratique sportive. Mieux vaut donc se bouger tôt le matin ou en début d’après-midi si vous devez avancer dans le temps en voyageant, et dans la soirée si vous avez reculé dans le temps !

« Comme les participants inclus dans l’étude étaient plus sportifs que la moyenne, on ne peut pas généraliser ces résultats », notent les scientifiques. Mais ces pistes sont intéressantes pour la suite. « De futurs travaux permettront d’observer l’effet de l’exercice physique sur l’horloge biologique, lorsque l’individu est exposé à la lumière naturelle et donc à une source de mélatonine. D’autres critères seront aussi étudiés comme l’intensité de l’épreuve physique et la durée de la séance. »

*Université de Californie, San Diego, Université de l’Etat d’Arizona

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