Ebola : transfuser pour soigner ?

[26 septembre 2014 - 15h49] [mis à jour le 26 septembre 2014 à 16h40]

 

L’épidémie d’Ebola est de plus en plus virulente, en particulier dans les trois pays principalement touchés (Guinée, Libéria, Sierra Leone). Et le nombre de cas, exponentiel. Un espoir pointe dans l’annonce faite vendredi par l’OMS. « Des milliers de doses de vaccins expérimentaux devraient être disponibles début 2015 », a indiqué l’organisation. Mais les pays touchés ne peuvent pas attendre cet hypothétique immunisation. C’est pourquoi, l’OMS met l’accent sur la transfusion de produits sanguins de patients guéris. Des traitements encore expérimentaux, mais relativement faciles à mettre en oeuvre. Dans la mesure où les infrastructures sont améliorées.

Ces vaccins sont développés par les laboratoires GSK et NewLink Genetics. « Près de 10 000 doses devraient être disponibles au début de l’année prochaine », a déclaré Marie-Paule Kieny, sous-directeur général de l’OMS ce vendredi. En attendant, pour soigner des malades atteints d’Ebola, pour lesquels aucun traitement n’existe, « l’utilisation de sérum de convalescents» a été autorisée par l’OMS début septembre. Cette thérapie, encore expérimentale, consiste à transfuser du sérum de sang de patients guéris à des malades. Plusieurs cas de guérisons après traitement ont été observés.

Dès 1976, date de l’apparition du virus, « une jeune femme infectée par Ebola a bénéficié de ce traitement en République démocratique du Congo », rappelle l’OMS. « La patiente a reçu du plasma d’un survivant de la fièvre de Marburg, un virus cousin d’Ebola. Elle a présenté moins de saignements mais a perdu la vie quelques jours plus tard. » En 1995 en revanche, au cours d’une autre épidémie d’Ebola, de meilleurs résultats ont été obtenus. Ainsi, des transfusions de sang ont été effectuées vers 8 patients. Parmi eux, 7 ont survécu.

Malgré tout, « aucune conclusion scientifique valide n’a pu à ce jour être tirée, puisqu’aucune étude clinique avec un groupe contrôle n’a été menée. » L’efficacité de ce traitement n’est donc pas certaine.

Désespérés de trouver un traitement

D’après le dernier décompte de l’OMS, le virus Ebola a infecté 6 242 personnes, parmi lesquelles 2 909 sont mortes. « Il s’agit de l’épidémie de pathogène de niveau 4 la plus grande de l’histoire, la plus rapide à s’étendre sur une zone géographique très large », souligne l’organisation. Et ce « d’autant plus qu’il est un fait acquis que l’ampleur de l’épidémie est largement sous-estimée. »

Les traitements basés sur la transfusion de produits du sang de patients guéris ont été testés sur des victimes de cette épidémie. C’est le cas du médecin américain qui a également reçu des doses de ZMapp, un autre médicament expérimental ce été. Guéri, rien de prouve que l’un ou l’autre des traitements y est pour quelque chose.

Mais l’OMS admet qu’au vu de la situation catastrophique des systèmes de santé des trois pays les plus touchés, les transfusions représentent une solution. « La nécessité d’élargir l’arsenal thérapeutique aujourd’hui très limité est évident », souligne l’organisation. C’est pourquoi, elle va publier de nouvelles recommandations en matière de transfusion dans la lutte contre Ebola en début de semaine prochaine. Toutefois, ces investissements nécessitent des centres de traitement et d’isolement des malades, actuellement surchargés au Libéria notamment. La solution miracle semble donc encore bien loin. Tout comme la fin de l’épidémie.

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