Et si la qualité de l’air affectait aussi le cycle menstruel ?

[17 décembre 2019 - 16h50] [mis à jour le 17 décembre 2019 à 16h51]

Selon une étude de l’Inserm, la pollution de l’air aurait un impact sur le bon déroulement du cycle menstruel. Les chercheurs ont observé que plus la concentration de particules fines dans l’air était importante, plus la phase précédant l’ovulation était longue. Explications.

Asthme, glaucome, anxiété chez les enfants… La liste des méfaits de la pollution atmosphérique ne cesse de s’allonger. Et selon des chercheurs français, elle affecterait aussi le cycle menstruel.

Le cycle menstruel se compose de deux phases. Celle qui précède et celle qui suit l’ovulation, le moment où l’ovocyte est libéré par l’ovaire et migre vers l’utérus, où il pourra être fécondé. L’étape suivant l’ovulation s’appelle la « phase lutéale » ; celle qui la précède, la « phase folliculaire ». C’est cette étape qui, d’après les travaux de l’équipe dirigée par le chercheur de l’Inserm Rémy Slama*, serait impactée par la pollution de l’air.

Comment les chercheurs en sont-ils arrivés à cette hypothèse ? En analysant les urines de 184 femmes, pendant les 30 jours précédant leur cycle. Ces prélèvements ont été réalisés dans leur environnement habituel, à leur domicile. Ces femmes n’utilisaient aucune contraception hormonale. Résultat : « les chercheurs ont observé que chaque augmentation de 10 µg/m3 de la concentration en particules fines (PM10) dans l’air sur la période de 30 jours avant le cycle était associée à une augmentation de durée de la phase folliculaire d’environ 0,7 jour. » Pas d’effet net, en revanche, sur la durée de la phase lutéale, ni sur la durée totale du cycle.

Presque une journée de plus

Lorsque le cycle dure 28 jours, l’ovulation intervient en moyenne au 14e jour. Selon l’étude, elle serait donc retardée de quasiment une journée en cas d’augmentation des niveaux de pollution aux particules fines. Les chercheurs ne s’avancent pas sur l’éventuel impact de l’allongement de la phase folliculaire sur la fertilité féminine : leur hypothèse devra d’abord être « infirmée ou confirmée sur de plus grands échantillons de population », indique Rémy Slama. Mais, toujours d’après le chercheur, ces résultats « sont cohérents avec les données plus fondamentales suggérant que la pollution atmosphérique peut perturber l’axe qui contrôle le cycle menstruel, et les hormones de stress comme le cortisol, qui peuvent l’influencer ».

A savoir : en 2017, une étude chinoise établissait un lien entre pollution de l’air et qualité des spermatozoïdes.

* Au sein de l’Institut pour l’avancée des biosciences (Inserm/CNRS1/Université Grenoble Alpes) et dans le cadre de de l’Observatoire de la fertilité en France (Obseff)

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