L’activité physique peut s’avérer dangereuse lorsqu’elle est excessive. Et qu’elle se fait aux dépens d’une nutrition équilibrée et suffisante. Des chercheurs de l’Inserm viennent de localiser des cellules responsables du contrôle de la motivation. Et donc impliquées dans l’anorexie nerveuse.

La façon de s’alimenter est liée au rapport de chacun à l’activité physique. En effet, les individus très sédentaires ont davantage tendance à favoriser les excès à table. Et à l’inverse, les excès d’activité physique peuvent aller de pair avec une privation dans l’assiette. « Une illustration est fournie par l’anorexie nerveuse qui associe souvent une diminution de la motivation pour se nourrir à une augmentation de la motivation pour l’activité physique », détaillent des scientifiques de l’Inserm. Un comportement qui peut s’avérer « nocif ».

Ces scientifiques révèlent que des récepteurs cérébraux particuliers sont impliqués dans ce mécanisme de prise de décision : faire du sport ou s’alimenter. Ces récepteurs cannabinoïdes CB1 situés sur certains neurones étaient déjà connus, chez la souris, pour jouer un rôle « dans le contrôle de la motivation pour l’activité physique ».

Dans un second temps, les chercheurs ont voulu savoir si ces récepteurs étaient aussi impliqués dans le contrôle de la prise alimentaire. Résultats, « la motivation pour l’activité physique l’a emporté sur la prise de nourriture chocolatée, à l’exception des souris dépourvues de récepteur CB1 (…) qui, elles, ont montré une préférence pour la nourriture ». La preuve donc que le CB1 « est primordial pour la motivation pour l’activité physique ».

Cette découverte nous éclaire sur le pourquoi du comment le cerveau aura tendance à trouver de la récompense dans la pratique excessive du sport. Elle « ouvre des perspectives pour étudier les mécanismes neurobiologiques responsables d’augmentations pathologiques de cette motivation ».

A noter : grave trouble psychiatrique, l’anorexie nerveuse ne se limite pas un régime minceur intense. La diète ultra-restrictive est telle que les processus physiques et biologiques sont perturbés (chute des cheveux, intensification de la pilosité, aménorrhée…). Un état aggravé en cas d’obsession pour le sport. Et l’état psychologique est fragilisé : des troubles de la concentration, de la mémoire ainsi que des phases dépressives surviennent souvent. L’anorexie nerveuse se déclare dans la plupart des cas entre 14 et 17 ans. 

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