Fin de vie : la parole aux patients

[12 décembre 2014 - 16h29] [mis à jour le 12 décembre 2014 à 16h30]

Moins souffrir, ne pas subir d’acharnement thérapeutique et mieux supporter la douleur, voilà trois demandes des Français aujourd’hui prises en compte dans un rapport remis aujourd’hui au Président de la République sur la fin de vie. Principales avancées, davantage encourager les Français à choisir une personne de confiance et à rédiger leurs directives anticipées. Les précisions du Pr Régis Aubry, président de l’Observatoire national sur la fin de vie (ONFV).

Aucune modification de la loi Léonetti de 2005 n’a été proposée par les auteurs du rapport, les députés Alain Claeys et Jean Leonetti. « Pour autant, des pistes concrètes et consensuelles ont été proposées dans le sens du laisser mourir », souligne le Pr Régis Aubry.

Renforcer les directives anticipées

Rédigées par écrit, les directives anticipées devraient devenir plus contraignantes. Ces dernières viennent préciser les conditions dans lesquelles les patients souhaitent être accompagnés en fin de vie. « Elles doivent, dans la mesure du possible, être rédigées lorsque la personne est encore en capacité d’exprimer ses volontés ». Sans elles, les médecins sont bloqués dans la prise de décision pour abréger les souffrances du malade.

Toute personne en bonne santé, mais aussi les patients en possession de leurs moyens, doivent nommer une personne de confiance et communiquer leurs volontés sur l’arrêt des traitements. « Cette décision fait consensus, mais encore faut-il former les équipes médicales et paramédicales à l’accompagnement de la fin de vie et développer l’accès aux soins palliatifs », souligne le Pr Aubry.

Créer un droit à la sédation

Les auteurs prévoient également de mieux encadrer le processus de sédation, c’est-à-dire la perfusion plongeant le patient dans un sommeil profond pour soulager les douleurs « jusqu’au décès ». « Cette pratique permettant au malade d’être endormi lorsqu’il présente un symptôme qu’il juge insupportable est bien connue depuis 2002 », note à ce sujet les professionnels de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP).

Dans ce rapport, la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie – point sensible – n’est cependant pas évoquée. Le fil conducteur ? Placer les patients au cœur du processus de la fin de vie, une démarche qui « corrobore les propositions faîtes par le Pr Didier Sicard en décembre 2012, la saisie du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) en juillet 2013 et la consultation du panel de citoyens », conclut le Pr Aubry.

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