Vincent Lambert: vers la fin des traitements?

[20 juin 2014 - 17h14] [mis à jour le 20 juin 2014 à 17h29]

Le rapporteur public du Conseil d’Etat, Rémi Keller, s’est prononcé ce vendredi 20 juin contre le maintien en vie de Vincent Lambert. Une position qui n’engage que lui et non l’institution qu’il représente. Laquelle rendra son avis définitif le mardi 24 juin.

Depuis plus d’un an, le cas Vincent Lambert – plongé dans un coma végétatif chronique depuis six ans suite à un accident de la route – fait l’objet de conflits juridiques. Ce vendredi 20 juin, le rapporteur public du Conseil d’Etat s’est prononcé pour l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation du patient.

« Cette position n’engage que le rapporteur, il n’y a donc rien d’officiel », précise le Dr Vincent Morel, chef de service de l’unité mobile du CHU de Rennes, et président de la Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs (SFAP). L’avis final du Conseil d’Etat sera rendu mardi 24 juin, à 16 heures. « Prendre le temps de la réflexion est essentiel pour se prononcer sur une décision, qui sera très dure à vivre que l’on soit pour ou contre le maintien artificiel de la vie du patient », ajoute-t-il.

Vers le laisser-mourir
« Dans l’incapacité de communiquer avec son entourage, Vincent Lambert se trouve dans un coma irréversible. Les lésions cérébrales sont telles qu’aucune amélioration de son état de santé n’est possible sans aide artificielle », explique Vincent Morel. « D’autant plus que selon l’équipe médicale responsable du patient, l’état de conscience de Vincent Lambert ne cesse de s’aggraver ».

Mettre fin à l’alimentation et à l’hydratation reviendrait à abréger la vie du patient, un dispositif prévu dans le cadre de la loi Leonetti. « L’équipe médicale dispose en effet du droit de limiter voire d’arrêter les traitements, y compris si cela peut avoir pour effet secondaire d’entraîner son décès », nous précise le Dr Vincent Morel.

Les limites du cadre législatif

La loi Leonetti prévoit le droit d’abréger les souffrances du malade uniquement si ce dernier a fait part de sa décision par écrit, sous la forme de directives anticipées. Et a explicitement nommé une personne de confiance, sur laquelle compter lorsqu’il n’est pas en mesure de communiquer ses volontés. Or pour le Dr Morel, « Vincent Lambert a fait part de son opposition à l’acharnement thérapeutique à sa femme, uniquement par oral et sans désigner de personne de confiance ».

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