Greffe rénale : des patients en souffrance sociale?

[12 décembre 2013 - 16h09] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h59]

Que deviennent les enfants transplantés ? ©Phovoir

Que deviennent les enfants qui ont dû subir une transplantation rénale ? Les membres de l’Académie nationale de médecine se sont justement intéressés à ce sujet. Et plus précisément, ils se sont penchés sur l’avenir social et professionnel de ces jeunes patients.

Selon le Pr Chantal Loirat, néphrologue, à l’hôpital Robert Debré (Paris), « la situation socioprofessionnelle à l’âge adulte des sujets ayant nécessité une greffe de rein dans l’enfance est mal connue ». Le registre CRISTAL de l’Agence de la Biomédecine portant sur 890 patients transplantés entre 1985 et 2002 permet justement d’en savoir davantage.  Parmi eux, 625 étaient toujours en vie lors de l’enquête en 2012. Tous ont reçu un questionnaire, mais seulement 374 ont répondu.

L’âge médian lors de la première greffe était de 12,3 ans. Lors de l’enquête, les patients étaient âgés en moyenne de 27,1 ans. Un tiers vivaient avec un ou une partenaire, un autre tiers était célibataire. Les autres partageaient leur vie avec leurs parents. Le taux de chômage apparaît plus important que dans la population générale, 18,5% contre 10,4%. Même constat pour les contrats d’apprentissage et à durée déterminée.

Selon CRISTAL, les facteurs prédictifs de difficultés d’insertion professionnelle reposaient principalement sur la sévérité de la maladie rénale et la dialyse après l’échec de la greffe. Pour le Pr Chantal Loirat, « les enfants transplantés, particulièrement les filles et les patients dont les parents ont un faible niveau d’éducation ont besoin d’un soutien éducatif, psychologique et social. » Et ceci pour atteindre le même niveau d’éducation que la population générale.

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : David Picot

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