Grossesse : un antiépileptique à éviter

[20 mai 2013 - 09h02] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h56]

Pendant la grossesse, il est recommandé de ne prendre aucun médicament sans avis médical. ©Phovoir

La Food and Drug Administration (FDA) américaine met à nouveau en garde contre la prise de valproate, (un antiépilpetique commun) pendant la grossesse. Une nouvelle étude conforte les preuves des risques que son utilisation entraîne pour le fœtus. Ce médicament, qui n’est prescrit en France que contre l’épilepsie, est également utilisé outre-Atlantique pour traiter certaines migraines.  

Suite à la publication d’une nouvelle étude, la FDA renforce ses recommandations concernant le valproate. Menée outre-Atlantique, celle-ci a permis d’observer les dommages que ce traitement occasionne au fœtus, lorsqu’il est utilisé contre la migraine. A l’âge de 6 ans, les enfants exposés in utero à ce produit ont en effet présenté un QI diminué de 8 à 11 points, par rapport à ceux dont la mère s’étaient vues prescrire un autre antiépileptique.  Par conséquent, « l’administration de valproate est contre-indiquée chez les femmes enceintes dans le cadre de la prévention des migraines », annonce la FDA.

En France, « le valproate n’est pas indiqué dans la prophylaxie des crises migraineuse », rappelle l’Agence nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM). En revanche, il est bien « indiqué dans l’épilepsie et dans les épisodes maniaques du trouble bipolaire en cas de contre-indication ou d’intolérance au lithium ».

Sauf cas exceptionnel

Toutefois, « ce médicament ne doit pas être utilisé pendant la grossesse, ni chez les femmes en âge de procréer, sauf en cas de réelle nécessité (par exemple en cas d’inefficacité des alternatives thérapeutiques dans l’épilepsie) », précise l’ANSM. De son côté, la FDA n’écarte pas non plus totalement la possibilité de prescrire ce médicament pendant la grossesse, mais uniquement en cas d’échec des autres options.

Déjà en 2006, une étude internationale menée sur 4 médicaments antiépileptiques mettait en cause le valproate. Dans plus de 20% des grossesses suivies, sa prise avait mené à la mort fœtale, à des malformations du crâne, des membres et du cerveau, ou encore à des troubles cardiaques et pulmonaires. Le risque s’est avéré inférieur avec les autres antiépileptiques, la phénytoïne, la carbamazépine et la lamotrigine.

Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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