Hépatite C : le dépistage universel, meilleur rapport coût-efficacité

[03 juillet 2018 - 15h55] [mis à jour le 03 juillet 2018 à 15h56]

En France, environ 75 000 personnes seraient infectées par le virus de l’hépatite C sans le savoir. Pour les repérer le plus vite possible – et leur proposer un traitement – le dépistage est le seul moyen. Mais faut-il conserver la méthode actuelle qui consiste à dépister de manière ciblée les populations à risque ou devrait-on rendre ce dépistage universel ? Les résultats d’une étude promue par l’ANRS plaident en faveur de cette dernière option.

Actuellement, en Europe, les recommandations concernant le dépistage du virus de l’hépatite C (VHC) ciblent les personnes présentant un haut risque d’infection par le virus. Mais cette méthode ne semble pas suffisante puisque de nombreuses personnes ignorent encore qu’elles sont infectées. C’était le cas en France de près de 75 000 personnes de 18 à 80 ans en France en 2014, selon les données de Santé Publique France.

D’autre part, « lorsque les patients sont diagnostiqués, ces derniers, le sont, au moins une fois sur dix à un stade avancé de la maladie », se désole l’ANRS. Pourtant, un traitement rapide après la contamination  réduit significativement la morbidité et la mortalité, à l’aide de médicaments efficaces et bien tolérés.

Un modèle mathématique comparatif

Afin d’évaluer et de comparer l’efficacité d’une part, et le rapport coût-efficacité de différentes stratégies de dépistage d’autre part, Sylvie Deuffic-Burban* a mis au point un modèle mathématique. « Pour mener cette étude, les scientifiques se sont appuyés sur les données de l’enquête de séroprévalence menée en 2004 par l’InVS ». Par modélisation mathématique donc, ils les « ont appliquées à la population générale résidant en France, âgée de 18 à 80 ans, excluant les personnes atteintes d’une infection chronique par le VHC déjà diagnostiquées », expliquent les auteurs. « Les différentes stratégies de dépistage évaluées ciblaient les publics suivants : uniquement la population à risque, tous les hommes entre 18 et 59 ans ». Mais aussi tous les individus entre 40 et 59 ans,  ceux entre 40 et 80 ans, et la tranche des  18-80 ans (dépistage universel). »

Résultat, « un dépistage universel est associé à la meilleure espérance de vie ajustée sur la qualité de vie, comparée aux autres stratégies », concluent les chercheurs. De plus, « ce dépistage universel se révèle coût-efficace si les patients dépistés pour l’infection par le VHC sont pris en charge et traités rapidement après le diagnostic. » Par conséquent, « les résultats de cette étude plaident en faveur d’un dépistage universel du VHC en France, suivi d’une prise en charge et d’un traitement immédiat des personnes diagnostiquées ».

*chargée de recherche à l’Inserm au sein de l’IAME « Infection, Antimicrobiens, Modélisation, Evolution » (Inserm – Université Paris Diderot – Université Paris 13)

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