Comment limiter le risque de récidive d’infarctus cérébral ? En bloquant la communication entre les deux oreilles cardiaques. Appelée foramen ovale, cette zone présente la particularité d’être perméable chez beaucoup de patients victimes de cet accident.

Dans le monde, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) touchent 17 millions de patients tous les ans. La majorité des cas répertoriés sont « des infarctus cérébraux dus à l’occlusion d’une artère cérébrale par un caillot sanguin, lui-même conséquence de diverses maladies artérielles ou cardiaques », rappellent les scientifiques français du Centre hospitalier Saint-Anne, Inserm, de l’Université Paris Descartes et de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris (APHP).

Mais dans 3 à 4 cas sur 10, la survenue de cet infarctus cérébral ne s’explique pas. Ces 25 dernières années, l’équipe du Pr Mas* a étudié ces diagnostics sans origine claire. Le constat ? « Les patients victimes d’un infarctus cérébral sans cause classique identifiée, en particulier les plus jeunes d’entre eux, ont, plus souvent que des témoins sans infarctus cérébral, une anomalie cardiaque ». Concrètement la zone appelée foramen ovale, communication entre les deux oreillettes cardiaques, est anormalement perméable. L’idée des chercheurs ? « Fermer le foramen » en prévention de la récidive d’accidents vasculaires cérébraux.

Dix ans d’études

L’équipe des Prs Mas et Chatellier** a testé l’efficacité de cette technique préventive dans 32 sites hospitaliers en France et 2 en Allemagne. Menée de décembre 2007 à décembre 2016, l’étude se concentrait sur 663 patients âgés de 16 à 60 ans. La fermeture du foramen a été réalisée « grâce à un dispositif médical mis en place par voie endovasculaire ». Cette technique a « pour la première fois (…) réduit de façon très importante le risque de récidive d’infarctus cérébral, comparativement au traitement médical de référence par aspirine ».

Cette étude confirme donc à la fois « la responsabilité directe du foramen ovale perméable dans la survenue d’infarctus cérébraux sans autre cause identifiée ». Et elle apporte « une réponse thérapeutique à un problème médical fréquent et grave ».

*Pr de neurologie à l’Université Paris Descartes, chef du service de Neurologie de l’hôpital Saint-Anne
**Unité de Recherche Clinique de l’hôpital Européen Georges-Pompidou, APHP

 

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