Injections illégales de toxine botulique : des cas graves de botulisme

27 février 2025

L’ANSM appelle à la vigilance après la survenue de cas graves de botulisme liés à des injections de toxine botulique (Botox) en France, pratiquées par des personnes non qualifiées.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte jeudi 27 février sur des pratiques illégales d’injections de toxine botulique à visée esthétique. Celles-ci, réalisées par des personnes non-qualifiées, seraient liées à des cas graves de botulisme. Pour rappel, cette maladie neurologique est liée à l’action de la toxine botulique produite par des bactéries, présentes dans l’environnement sous forme de spores très résistantes.

Des patientes hospitalisées en réanimation

La toxine botulique, mieux connue en médecine esthétique sous le nom de Botox, permet de décontracter, temporairement, les muscles du visage. La peau se détend, ce qui améliore l’apparence des rides. Cette toxine botulique est également la substance active de certains médicaments, utilisés dans le traitement de troubles musculaires ou neurologiques. Une intoxication à cette toxine est responsable d’une maladie grave, le botulisme. Dans le cas présent, il s’agit d’un surdosage de toxine lors des injections.

Entre août et septembre 2024, précise l’ANSM, huit cas graves de pharmacovigilance liés à des injections illégales de toxine botulinique ont été signalés. Toutes les patientes, dont certaines ont été hospitalisées en réanimation, présentaient les symptômes de l’affection :

  • difficulté à parler ou à avaler (fausses routes) ;
  • difficulté à marcher ;
  • vision floue ou double ;
  • difficultés respiratoires (nécessitant une trachéotomie pour certaines patientes).

Des prestataires esthétiques hors-la-loi

L’ANSM a saisi le procureur de la République en septembre 2024. Elle appelle en outre à la plus grande vigilance face à des pratiques dangereuses et rappelle la liste des professionnels habilités à réaliser des injections de toxines botuliques : les médecins spécialistes en chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique, en dermatologie, en chirurgie de la face et du cou, en chirurgie maxillo-faciale et en ophtalmologie.

Si un prestataire d’esthétique l’administre à ses clients, ou pratique tout acte de médecine ou chirurgie esthétique, cette personne agit alors dans l’illégalité et met ses clients en dangers.

A noter : la forme de botulisme la plus fréquente rencontrée chez l’adulte est le botulisme alimentaire, liée à l’ingestion de toxine botulique produite par la bactérie présente dans l’aliment.

  • Source : ANSM, Anses

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

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