Journée mondiale de lutte contre la tuberculose : la résistance aux antibiotiques inquiète en Europe

24 mars 2026

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) alertent dans un rapport sur un nombre de cas de tuberculose et de décès toujours beaucoup trop élevés dans la zone Europe de l’OMS.

Un cas de tuberculose sur cinq n’est pas diagnostiqué dans la zone Europe de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). C’est-ce que révèle un rapport publié par l’agence mondiale et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose mardi 24 mars.

La région Europe de l’OMS couvre 53 pays d’Europe et d’Asie centrale dont 30 pays de l’Union européenne (UE) et de l’Espace économique européen (EEE). Selon un communiqué de l’ECDC, « celle-ci continue d’être en deçà des objectifs régionaux et mondiaux de l’éradication de la tuberculose, et ce, sur deux fronts : un défi persistant en matière de dépistage, un cas de tuberculose sur cinq n’étant ni diagnostiqué ni déclaré, et des niveaux de résistance aux médicaments qui demeurent bien plus élevés que dans d’autres régions ». Ainsi, les personnes diagnostiquées tardivement présentent un risque supérieur de transmettre la maladie et sont plus difficiles à traiter. « Une transmission accrue de la tuberculose peut entraîner un nombre élevé d’échecs thérapeutiques, principal facteur de résistance. Combler le déficit de dépistage et lutter contre la résistance aux médicaments ne sont pas des priorités parallèles, mais font partie d’un même combat. »

10 à 15 contaminations par an pour un malade non-traité

La tuberculose est une maladie infectieuse causée par le bacille de Koch. Après un contact avec le bacille, un tiers des personnes développent une primo-infection tuberculeuse. Et dans 90 % des cas, la bactérie reste au repos dans l’organisme : c’est l’infection tuberculose latente. La personne est alors asymptomatique et non contagieuse. Dans 10 % des cas, après quelques mois ou quelques années – le plus souvent dans les deux ans qui suivent le premier contact -, la bactérie se développe dans le corps et dissémine dans l’organisme par les bronches, le sang ou la lymphe. On parle alors de tuberculose maladie ou tuberculose active.

La tuberculose maladie atteint un organe – le poumon, dans plus de deux tiers des cas : c’est la tuberculose pulmonaire, forme contagieuse de la maladie. Un malade non traité peut alors contaminer 10 à 15 personnes par an. La tuberculose active peut aussi atteindre des ganglions, les os et articulations, les méninges, l’enveloppe du cœur ou péricarde, les reins, le tube digestif… On parle alors de tuberculose extra-pulmonaire, forme non contagieuse de la maladie.

Loin des objectifs fixés pour mettre fin à la tuberculose

L’incidence et le nombre de décès a bien diminué depuis 2015 dans la région ; respectivement moins 39 % et moins 49 %. Mais ces chiffres restent bien en deçà des objectifs fixés pour 2025 pour mettre fin à la tuberculose, qui sont de 50 % et 75 %. « De même, au sein de l’UE/EEE, le nombre de cas de tuberculose a diminué de 33 % et le nombre de décès de 17 %. Cependant, la plupart des pays de l’UE/EEE n’atteindront pas leurs objectifs pour 2030, ce qui entraînera des milliers de nouvelles infections et de décès qui pourraient être évités », ajoute l’ECDC.

Selon les chiffres, en 2024, 161 569 nouveaux cas de tuberculose ont été diagnostiqués dans 51 pays sur 53 de la région Europe. Mais 79 % des nouveaux cas et des rechutes estimés dans la région n’ont pas été notifiés, affirme l’ECDC. Ainsi de nombreuses personnes ne sont ni diagnostiquées, ni déclarées. Dans la zone UE/EEE, l’ECDC pointe un manque de suivi des personnes des patients et des lacunes en termes de diagnostics. « Dans l’UE/EEE, une personne sur cinq qui commence un traitement antituberculeux n’est pas évaluée après un an. »  Et la résistance antibiotique constitue une urgence dans la région. « La tuberculose pharmacorésistante demeure l’une des menaces les plus graves auxquelles nous sommes confrontés », alerte le Dr Hans Henri P. Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

Des souches pharmacorésistantes qui se propagent

La tuberculose résistante à la rifampicine (antibiotique antituberculeux) et multirésistante est largement présente dans la zone. La maladie est alors bien plus difficile à traiter, les schémas thérapeutiques sont alors plus longs et plus complexes et le nombre de décès plus élevés. A l’échelle mondiale, 3,2 % des nouveaux cas de tuberculose et 16 % des cas déjà traités sont résistants à la rifampicine ou multirésistants, ces chiffres atteignent respectivement 23 % et 53 % dans la Région européenne. Dans l’UE/EEE, 3,5 % des cas de tuberculose sont résistants à la rifampicine ou multirésistants. Seuls 56 % des traitements sont alors efficaces, ce qui permet à ces souches de persister et de se propager.

L’ECDC et l’OMS appellent, notamment, à intensifier la prévention et le dépistage précoce, à améliorer l’accès aux tests de diagnostic rapide, à développer des schémas thérapeutiques courts contre la tuberculose pharmacorésistante.

A noter : la vaccination contre la tuberculose n’est plus obligatoire en France de 2007 mais recommandée pour les nourrissons exposés au bacille de la tuberculose. Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire.

  • Source : ECDC, Ameli.fr, vaccination info service

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Vincent Roche 

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