La chirurgie de l’obésité en plein boom

[22 février 2013 - 15h50] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h55]

En France, les établissements pratiquant la chirurgie bariatrique ont des niveaux d’activité très distincts : 33 sur 426 au total réalisent 35% des interventions. ©Phovoir.

La chirurgie de l’obésité est actuellement en plein essor en France. En 2011, plus de 30 000 patients en ont bénéficié, deux fois plus qu’en 2006. Dans une étude réalisée sur le sujet, l’Assurance-maladie montre également que plus de 8 opérés sur 10 sont des femmes âgées en moyenne de 39 ans. Etat des lieux.

Dans le cadre du Plan national contre l’obésité 2010-2013, l’Assurance-maladie dresse un premier bilan approfondi de la chirurgie bariatrique en France. Son étude met en évidence une progression importante du nombre d’actes  entre 2006 et 2011.

Cette chirurgie s’adresse aux adultes dont l’indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 40. Et qui demeurent « en échec après 6 mois de traitement médical bien conduit », précise l’Assurance-maladie. Elle peut également être proposée à partir d’un IMC de 35 en cas d’affection associée : diabète, hypertension artérielle, syndrome d’apnées du sommeil, troubles articulaires…

Une majorité de jeunes femmes. En 2011 en France, 80% des patients sont donc des patientes âgées en moyenne de 39 ans. Par ailleurs, « près de 7 femmes opérées sur 10 et 8 hommes sur 10 souffrent d’une obésité morbide ». Autrement dit, leur IMC est supérieur à 40. Quant aux comorbidités ou traitements associés, ils sont « fréquents : 1 opéré sur 4 est traité pour hypertension artérielle, 1 sur 10 pour diabète, pour asthme, pour broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), pour hypercholestérolémie ou est appareillé pour syndrome d’apnées de sommeil ».

Moins d’anneaux gastriques. Au-delà des caractéristiques des patients, l’étude met en lumière « l’évolution forte des techniques chirurgicales utilisées ». Un exemple : « la pose d’un anneau gastrique ajustable, technique réversible et de référence en 2006, a reculé et ne correspond plus en 2011 qu’à 25% des interventions. » Les autres techniques de réduction de l’estomac et/ou de dérivation de l’intestin sont désormais pratiquées dans trois cas sur quatre.

Evaluer sur la durée. Ce travail a aussi montré que « les types de techniques chirurgicales pratiquées variaient selon les régions et les établissements, ce qui pose la question du choix de la technique chirurgicale proposée au patient. » Une bonne raison pour l’Assurance-maladie, d’émettre plusieurs propositions destinées à mieux encadrer le développement de cette chirurgie. Elle propose notamment :

  • D’actualiser les référentiels de bonne pratique en chirurgie de l’obésité (indications, choix de la technique utilisée), en particulier chez le jeune patient ;
  • Mettre en place une cohorte de suivi des patients opérés (jeunes et adultes) afin d’évaluer dans la durée le rapport bénéfice-risque de la chirurgie bariatrique.

Ecrit par : David Picot – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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