La dysmorphophobie du pénis : un malaise du masculin en soi

19 février 2026

De nombreux garçons et jeunes hommes trouvent leur pénis trop petit. En quête de virilité et prisonniers de comparaisons irréalistes, certains développent un véritable complexe, parfois qualifié de « syndrome du vestiaire ». Derrière cette préoccupation corporelle se cache souvent un manque d’estime du masculin en soi.

La dysmorphophobie du pénis se caractérise par une perception dévalorisée et obsessionnelle de son propre sexe. Ce trouble de l’image corporelle s’installe fréquemment à l’adolescence, notamment dans les vestiaires, où la comparaison avec les pairs peut être brutale.

« Ce que ces jeunes hommes redoutent n’est pas seulement d’avoir un sexe trop petit, mais de ne pas être suffisamment hommes », explique Valérie Grumelin, psychanalyste à Paris. Ne pas se sentir à la hauteur, ne pas être fier de ses attributs, peut fragiliser l’estime de soi dans sa masculinité corporelle. Le mal-être ne concerne d’ailleurs pas uniquement le sexe, mais s’inscrit dans une insatisfaction corporelle plus large et, plus profondément, dans un déficit d’estime du masculin.

Une perception faussée par des standards irréalistes

Avec la démocratisation de l’accès à Internet et des réseaux sociaux, les images issues de la pornographie sont devenues omniprésentes. Elles exposent des normes irréalistes, notamment des pénis aux dimensions démesurées, sans rapport avec la réalité anatomique de la majorité des hommes.

La comparaison permanente avec ces standards crée une distorsion de la perception. Beaucoup de jeunes hommes se pensent « insuffisants » alors que leur anatomie est parfaitement dans la norme. En dehors des cas très rares de micropénis – défini médicalement par une taille inférieure à 3 centimètres – le sexe masculin est considéré comme normal.

Pourtant, les demandes de chirurgie d’agrandissement existent. Elles sont rarement motivées par un problème médical, mais par une souffrance psychologique profonde. Le pénis devient alors le point de cristallisation d’un sentiment d’insuffisance plus vaste.

Quelle prise en charge ?

Dans l’immense majorité des cas, la solution est thérapeutique. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont particulièrement indiquées. Généralement brèves, elles permettent d’identifier de travailler sur les croyances erronées liées à la virilité et de restaurer une image de soi plus réaliste et apaisée.

  • Source : Interview de Valérie Grumelin, psychanalyste (Paris)

  • Ecrit par : Dominique Salomon – Edité par : Emmanuel Ducreuzet

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