La palpation du cerveau bientôt possible ?

[06 octobre 2015 - 17h12] [mis à jour le 06 octobre 2015 à 17h35]

Tumeurs cérébrales, maladie d’Alzheimer, épilepsie… les pathologies pouvant affecter le cerveau restent difficiles à diagnostiquer. Et pour cause, il est peu aisé au praticien d’accéder à cet organe si fragile. Il ne peut en particulier pas, ou au prix d’une ouverture de la boîte crânienne très invasive, palper le cerveau. Une équipe INSERM vient peut-être de mettre au point une technique permettant d’obtenir les informations utiles sans forcément recourir à la palpation.

« De nombreuses pathologies impliquent des changements structurels des tissus qui se traduisent par une modification de leurs propriétés mécaniques telle l’élasticité », expliquent les auteurs. « Grâce à la sensibilité de ses mains et à sa connaissance fine du corps, un médecin peut, par un examen dit de palpation, évaluer la taille et la dureté d’une tumeur, la présence de ganglions inflammés, ou encore la taille et la position d’un fœtus chez la femme enceinte par exemple. » C’est pourquoi cet examen est si important en matière de diagnostic. Or celui-ci est presque impossible en ce qui concerne le cerveau.

Autre option, « des techniques modernes qui transmettent au médecin une indication de l’élasticité d’un tissu biologique », poursuivent-ils. « Elles reposent sur la génération et la détection d’ondes dont la vitesse de propagation à travers l’organisme diffère selon la dureté des organes (plus un tissu est dur, moins l’onde se propage vite et inversement). » Malheureusement, « cette méthode ne peut pas s’appliquer au cerveau qui, doublement protégé par la boite crânienne et le liquide céphalorachidien, est difficilement accessible aux ondes provenant de l’extérieur ».

Alors, que faire ? Le cerveau est le siège de vibrations naturelles créées par la pulsation du sang dans les artères et la circulation du liquide céphalorachidien. L’équipe de Stéfan Catheline (Unité INSERM 1032 “Applications des ultrasons à la thérapie”) a réussi à capter, via l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), « ce champ complexe d’ondes de cisaillement naturelles et le traduire sur un écran informatique ». Résultat, ils ont ainsi pu dresser des images d’élasticité du cerveau. Ce qui correspond peu ou prou aux informations obtenues par… palpation !

Dans le cas de nombreuses pathologies comme la maladie d’Alzheimer, l’épilepsie, la sclérose en plaques ou encore l’hydrocéphalie, « cette nouvelle technique pourrait permettre de détecter les changements dans les tissus cérébraux et éviter des biopsies », concluent les auteurs.

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