La prévention du cancer du col de l’utérus en deux mots : dépistage et vaccination

[17 septembre 2019 - 12h08] [mis à jour le 17 septembre 2019 à 12h09]

Pour réduire l’incidence et la mortalité liée au cancer du col de l’utérus, la prévention a toute sa place. Avec deux volets d’égale importance : le dépistage et la vaccination. Le premier s’organise et la seconde tente de s’imposer.

Cet automne, le dépistage organisé du cancer du col en France va se généraliser. Objectif, augmenter la couverture pour atteindre 80%. Parmi les 17,8 millions de femmes âgées de 25 à 65 ans résidant en France, 10,4 millions avaient réalisé un frottis cervico- utérin au cours de la période 2015-2017, soit un taux de couverture national de 58,7%. Alors que les recommandations consistent à pratiquer un frottis tous les trois ans pour cette population.

« Jusqu’à maintenant, en France, le dépistage par frottis […] dépend d’une décision individuelle, souvent à la suite d’une consultation chez le gynécologue », précisent les rédacteurs du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Désormais, « les femmes n’ayant pas fait de frottis au cours des trois dernières années recevront un courrier les invitant à se rendre chez un professionnel de santé pour un dépistage ».

Une précision s’impose. « Récemment, la Haute Autorité de santé (HAS) a révisé ses recommandations en faveur du test HPV chez les femmes à partir de 30 ans et du maintien de l’examen cytologique (le frottis-ndlr) chez les femmes entre 25 et 29 ans ». Pourquoi ? « Le test HPV présente une meilleure sensibilité et une valeur prédictive négative supérieure, permettant d’espacer l’intervalle entre deux dépistages », indiquent les rédacteurs.

La vaccination

L’autre aspect de la prévention repose sur la vaccination. Les rédacteurs du BEH ont effectué un bilan sur 11 ans de la couverture vaccinale contre le papillomavirus chez les adolescentes en France. Résultat, « après une forte diminution entre 2011 et 2015, [celle-ci] a augmenté entre 2016 et 2018 pour atteindre 29,4% pour une dose à 15 ans et 23,7% pour le schéma complet à 16 ans ». Alors qu’une couverture vaccinale de 85% permettrait de diminuer de 31% le risque de lésions cancéreuses, de 32% celui de cancers du col de l’utérus et de 39% le risque de décès !

Autre constat, « conformément aux recommandations du calendrier vaccinal, les jeunes filles se font vacciner de plus en plus tôt et les couvertures vaccinales des cohortes les plus jeunes sont plus élevées ». Une bonne nouvelle atténuée par un constat décevant. En effet, la couverture vaccinale protège moins d’un tiers de la population cible.

Cette immunisation est simplement recommandée dès l’âge de 11 ans chez les jeunes filles et se fait sur la base d’une décision individuelle, essentiellement des parents. C’est pourquoi, pour augmenter la vaccination, il faut parvenir à lever les freins auprès de la population. Comment ? « La mise en place d’un programme organisé de vaccination en milieu scolaire, comme il en existe dans de nombreux pays comme l’Australie, le Canada ou la Suède, permettrait d’augmenter la couverture vaccinale, mais aussi de réduire les inégalités sociales en touchant une plus large population ».

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