Le burn-out en débat à l’Assemblée

[29 mai 2015 - 14h53] [mis à jour le 29 mai 2015 à 14h55]

En France, 3 millions d’actifs seraient exposés au syndrome d’épuisement professionnel. Anxiété accrue, sensations d’étouffement au quotidien ou troubles aigus du sommeil, les symptômes de cette pathologie psychique – connue sous l’anglicisme burn-out – sont de mieux en mieux décrits par la science. Sa reconnaissance en tant que maladie professionnelle fait aujourd’hui débat à l’Assemblée nationale.

Le burn-out reconnu comme maladie professionnelle ? Voilà l’objet de l’amendement inscrit ce jeudi 28 mai dans le projet de loi relatif au dialogue social et à l’emploi. Un premier pas pour que cette pathologie psychique soit officiellement répertoriée dans la liste des affections prises en charge par l’Assurance-maladie.

Un trouble mal défini

Mais ce projet de loi ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement. Les experts peinent en effet à trouver un consensus pour que le burn-out soit considéré comme une maladie à part entière, et non comme la somme de tous les maux professionnels.

Le nœud du débat ? La difficulté à s’entendre sur les termes employés pour décrire cette atteinte, entre stress accru, passages à vide, forte irritabilité et dépression. Les désaccords portent sur plusieurs questions : comment savoir si la fragilité des salariés et des employeurs est entièrement liée au surinvestissement professionnel ? Comment distinguer à coup sûr la forte pression du véritable surmenage ?

Un désaccord politique ?

Pour le ministre du travail François Rebsamen, la classification du burn-out en tant que maladie professionnelle reste un « problème complexe. Les maladies psychiques liées au travail, en particulier le syndrome d’épuisement professionnel (…) sont une réalité ». Mais selon ce dernier, au-delà de la reconnaissance, il s’agit aujourd’hui de miser sur la prévention faite par les employeurs et d’intégrer cette problématique dans le prochain plan de santé au travail.

« Il faut aller plus loin. Ce n’est pas illégitime de demander que ce mal qui (…) ronge soit reconnu comme la conséquence du travail », a déclaré ce vendredi 29 mai au micro de RTL, Benoit Hamon porteur du projet de loi. « Notre objectif n’est pas que les entreprises payent mais qu’elles préviennent et modifient leur organisation du travail », a-t-il argumenté.

Partager cet article