L’endométriose en 5 points

[04 mars 2019 - 14h11] [mis à jour le 04 mars 2019 à 17h28]

Maladie gynécologique, l’endométriose touche 1 femme sur 10. Douloureuse, invasive, handicapante, cette pathologie reste pourtant mal diagnostiquée. Voici les 5 points essentiels à retenir pour tout savoir sur cette pathologie, à l’occasion de la Semaine européenne de prévention dédiée du 4 au 10 mars.

Une trentaine d’événements (conférences, ateliers, tables rondes…) est organisée en France du 4 au 10 mars, à l’occasion de la Semaine européenne et de prévention et d’information sur l’endométriose. Cliquez ici pour trouver la rencontre la plus proche de chez vous.

Des cellules migrantes : maladie hormono-dépendante, l’endométriose se caractérise par une migration anormale de cellules hors de l’utérus via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe alors principalement au niveau des organes génitaux et du péritoine* provoque « des lésions, des adhérences et des kystes ovariens », renseigne EndoFrance. Dans les cas les plus graves, les appareils digestifs, urinaires, et plus rarement pulmonaires, peuvent aussi être atteints.

Le corps en souffrance : la douleur constitue le symptôme majeur de l’endométriose, notamment pendant les règles sous l’effet des œstrogènes. Ces douleurs surviennent aussi au cours des rapports sexuels, de la défécation, ou au moment d’uriner. Ces douleurs peuvent être pelviennes, abdominales et/ou lombaires. Attention, celles-ci ne passent pas « avec du paracétamol. Il s’agit bien souvent d’une douleur invalidante entraînant une incapacité totale ou partielle pendant quelques jours, voire, pour les cas les plus sévères, permanente, et nécessitant le recours à des antalgiques puissants et même morphiniques ».

En chiffre : maladie chronique et récidivante dans la majorité des cas, l’endométriose touche 10% des Françaises en âge de procréer. Il s’agit là d’une estimation : aujourd’hui, « l’endométriose est diagnostiquée, souvent par hasard, avec un retard moyen de cinq années, durant lesquelles la maladie a eu le temps de causer des dommages notables à différents organes ».

A l’origine : aucune explication ne vaut aujourd’hui pour toutes les formes d’endométriose existantes Mais les deux causes « les plus plausibles » sont la transplantation de cellules endométriales (suite à un acte chirurgicale par exemple comme une laparotomie, une césarienne, une épisiotomie), et la métaplasie (la transformation d’un tissu sain en un tissu anormal, à cause de facteurs hormonaux notamment).

Sur l’ordonnance : à ce jour, aucun traitement ne permet la guérison de l’endométriose. En revanche, l’hormonothérapie ralentit la progression de la maladie. Cette prescription permet d’empêcher la survenue des règles : une pilule progestative ou un stérilet hormonal va priver l’organisme en œstrogène, cette hormone féminine naturellement secrétée par le corps féminin, qui nourrit les cellules migrantes de l’endométriose. Si cette approche ne fonctionne pas, la chirurgie (élimination des lésions par cœlioscopie) est proposée aux femmes. Autre point, chez les femmes ménopausées, « l’endométriose diminue et disparaît généralement, mais doit tout de même être surveillée surtout quand des traitements hormonaux de substitution sont mis en place ».

Pour aller plus loin, plongez dans l’ouvrage « Des barbelés dans mon corps », Virginie Durant livre un témoignage poignant de sa maladie. Au fil des pages, l’auteur décrit son impression d’être considérée comme une malade imaginaire pendant des années. Dans un phrasé direct, elle vous fait entrer dans les différents cabinets de consultation, à la recherche d’un médecin à l’écoute de cette « douleur qui transperce son bas-ventre avec la violence d’une déflagration ». Une patiente épuisée et anéantie pendant les 20 années séparant ses premiers symptômes du diagnostic de son endométriose.

*membrane située autour de tous les organes de l’abdomen

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