Très active en France, la recherche sur les cellules souches dentaires semble offrir des perspectives stimulantes. Une équipe de l’INSERM et de l’Université Paris Descartes vient d’ailleurs de franchir un nouveau pas dans l’utilisation de ces cellules pour réparer, demain, les lésions des dents.

Odile Kellermann et son équipe ont travaillé à partir de la pulpe de molaire de souris. Il s’agit en quelque sorte de la « partie vivante » de la dent, composée de vaisseaux sanguins et de nerfs. Jusqu’ici, les scientifiques savaient que des cellules souches dormantes de la pulpe se mettaient au travail en cas de lésion mais ils en ignoraient encore le processus.

L’étude conduite au sein de l’Unité 1124 « Toxicologie, pharmacologie et signalisation cellulaire » a levé le voile. Les auteurs sont d’abord parvenus à extraire puis à isoler les cellules souches de la pulpe de molaire. Ils les ont ensuite analysées et ont même identifié 5 récepteurs spécifiques à la sérotonine et la dopamine. Les chercheurs ont alors découvert qu’en cas de lésion, les plaquettes sanguines sonnaient en quelque sorte l’alarme en libérant justement de grandes quantités de ces deux neurotransmetteurs. Ces derniers vont se fixer aux cellules souches et entamer ainsi le processus de réparation.

A l’avenir, l’enjeu pourrait être de « mettre au point des stratégies thérapeutiques mobilisant les cellules souches résidentes de la dent puis d’amplifier leur pouvoir naturel de réparation », décrit l’INSERM. Ce qui pourrait sonner la fin des matériaux de coiffage (hydroxyde de calcium) et autres biomatériaux actuellement utilisés par les dentistes pour combler des lésions.

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