Les jeunes, en bonne santé… apparente

[05 juin 2013 - 16h50] [mis à jour le 19 décembre 2013 à 14h57]

Quelles sont les habitudes de santé des jeunes ? Se sentent-ils bien informés en matière de santé ? Les réponses dans le Baromètres de l’INPES. ©Phovoir

Les 15-30 ans se déclarent plutôt en bonne santé… même s’ils sont de plus en plus nombreux à fumer et à consommer de l’alcool, surtout lors de fêtes. Sans oublier qu’ils sautent fréquemment le petit-déjeuner et dorment de moins en moins… C’est en substance les principaux constats tirés du Baromètre Santé Jeunes 2010 publié ce mercredi.

« Comment va la France de demain ? » Pour répondre à cette question, l’Institut national de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) réalise depuis quelques années des baromètres Santé, centrés notamment sur les 15-30 ans. Et cela auprès d’un panel représentatif de la population française. L’occasion de « dresser un portrait de la jeunesse et de sa santé dans toute sa diversité », comme le souligne cet institut qui dépend du ministère de la Santé.

Une impression de bonne santé. Globalement, 96% des interrogés se déclarent en « bonne santé ». Ils sont également 48% à se dire en « excellente santé ». Cette perception tend toutefois à diminuer avec l’avancée en âge. La proportion passe par exemple de 59% chez les 15-19 ans à 38% parmi les 26-30 ans.

Le dentiste boudé… Huit jeunes sur dix ont également déclaré avoir consulté leur médecin généraliste au moins une fois dans l’année. Une proportion encourageante… relativisée par les auteurs de ce Baromètre : « il est probable qu’une partie de ces visites s’explique par un motif administratif : certificat d’aptitude au sport, certificat de vaccination… » En revanche, la visite annuelle chez le dentiste est effectuée par seulement un jeune sur deux.

Pas envie d’arrêter de fumer… En matière de produits psychoactifs, les 15-30 s’estiment « plutôt bien informés » notamment sur les risques. Ils sont pourtant plus nombreux à fumer (44% de fumeurs dont 36% de fumeurs réguliers). « Après 10 ans de diminution régulière entre 2005 et 2010, la consommation de tabac est repartie à la hausse », souligne l’INPES. Ils apparaissent également peu concernés par des perspectives de sevrage puisque seuls 52% déclarent avoir envie d’arrêter de fumer.

Le premier joint à 17 ans. La consommation de cannabis elle, reste stable : 51 % des hommes et 38 % des femmes âgées de 15 à 30 ans en ont déjà consommé. « Néanmoins, la France occupe la première marche du podium européen pour la prévalence (24%) d’usage récent du cannabis chez les jeunes de 15-16 ans », s’inquiète l’INPES. L’âge du premier joint a également reculé passant en moyenne de 16,7 ans en 2005 à 17 ans en 2010.

Davantage d’épisodes d’ivresse. L’alcool excessif s’invite également de plus en plus à l’occasion de fêtes. Ce Baromètre est d’ailleurs l’occasion de découvrir la traduction francophone du binge drinking ; l’alcoolisation ponctuelle importante (API). Elle est caractérisée par la consommation d’au moins 6 verres lors d’une même occasion.  Au cours des 12 derniers mois, un jeune de 15-30 ans sur quatre a déclaré avoir vécu au moins un épisode de ce type par mois au cours de l’année écoulée ! Contre 18% pour les 31-45 ans et 16 % entre 46 et 60 ans.

Les étudiants sont particulièrement concernés. Ils sont même deux fois plus nombreux à déclarer des API hebdomadaires : 11% en 2010 contre 5% en 2005.  Le nombre d’entre eux indiquant au moins un épisode d’ivresse dans l’année est également passé de 32,5% en 2005 à 50,5% en 2010.

Pas de p’tit dej’. En matière d’alimentation, les moins de 30 ans respectent peu les 3 repas quotidiens. Ils sont encore nombreux à sauter le petit déjeuner, considéré par les nutritionnistes comme le repas le plus important de la journée. A tel point que 15% des 19-25 ans n’en prennent pas.

Une dette de sommeil. Les résultats en matière de sommeil semblent enfin, inquiétants :

  • Le temps moyen de sommeil des 15-30 ans est de 7h37 pour les femmes et de 7h15 pour les hommes ;
  • 23h27 est en moyenne l’heure à laquelle se couchent les jeunes ;
  • Près d’un quart des jeunes apparaissent en dette de sommeil.

En conséquence, une partie d’entre eux recourt aux hypnotiques et aux somnifères. A tel point que qu’un jeune de 15 à 30 ans sur dix prend régulièrement ce type de médicaments pour « l’aider à dormir »…

Ecrit par : David Picot – Edité par Dominique Salomon

Partager cet article