Les victimes de violences conjugales encourent deux fois plus de risque de souffrir de maladies chroniques, comparée à la population épargnée par ce fléau. De quelles pathologies parle-t-on ?

Les victimes de violences conjugales souffrent d’une telle fatigue émotionnelle et d’une telle fragilité physique que leur état de santé se dégrade sur le long terme.

Pour le prouver, des chercheurs de l’Université de Birmingham ont mené l’enquête, auprès de femmes exclusivement. Comment ont-ils procédé ? En analysant les dossiers médicaux de 18 547 victimes de ces comportements agressifs, entre 1995 et 2017. Un groupe contrôle a été composé à partir de 74 188 femmes épargnées donc.

Résultat, celles qui survivent à ce fléau présentent « deux fois plus de risque de développer des maladies chroniques comme la fibromyalgie ou le syndrome de fatigue chronique », par rapport à la population générale.

Déjà en juin 2019, ces chercheurs britanniques faisaient le lien entre les violences conjugales et un risque accru de maladie mentale. Ces fragilités potentielles doivent être prises en compte chez les victimes.

En chiffres

Selon le Dr Joht Singh Chandan, principal auteur de cette étude, les violences domestiques concernent une femme sur trois à l’échelle mondiale. « Au Royaume-Uni, 27,1% des femmes y sont confrontées, et souffrent en majorité de violence physique dans leur couple. »

En France, ce fléau récemment au cœur d’un grenelle et de nouvelles mesures de protection, fait l’objet de 2 à 3 consultations médicales (généraliste) sur 25 par jour. Au total, 220 000 femmes en sont victimes chaque année. Et depuis le 1er janvier 2019, 140 femmes sont mortes sous les coups de leur mari dans l’Hexagone, selon le Collectif « Féminicides par compagnon ou ex ».

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