Maladie de Parkinson : attention aux effets indésirables graves des médicaments

07 mai 2026

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte sur les effets indésirables graves des médicaments dopaminergiques, prescrits dans la maladie de Parkinson, la maladie des jambes sans repos et l’hyperprolactinémie. Ils sont responsables de troubles du contrôle des impulsions chez certains patients.

Des effets indésirables graves et méconnus. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) met en garde contre les effets indésirables des médicaments dopaminergiques ce jeudi 7 mai. Elle met à jour une brochure d’information et rappelle l’importance de connaître les risques et les signes avant-coureurs.

Que sont les médicaments dopaminergiques ?

Les médicaments dopaminergiques servent à augmenter ou imiter l’action de la dopamine, ce neurotransmetteur impliqué dans le mouvement, la motivation, le plaisir et certaines fonctions hormonales. Il existe plusieurs familles de médicaments dopaminergiques :

  • La lévodopa, transformée en dopamine dans le cerveau ;
  • Les agonistes dopaminergiques qui imitent les effets de la dopamine ;
  • Les inhibiteurs des enzymes dégradant la dopamine (IMAO-B et ICOMT) qui permettent d’augmenter la quantité de dopamine dans le cerveau ;
  • L’amantadine, qui augmenterait la dopamine dans le cerveau, indique l’Agence nationale de sécurité du médicament.

Dans quels cas sont-ils indiqués ?

Ces médicaments, prescrits pour compenser un déficit ou un dysfonctionnement de la production de dopamine sont indiqués principalement dans le traitement de :

  • La maladie de Parkinson : cette maladie neurodégénérative se caractérise par la disparition progressive des neurones producteurs de dopamine dans le cerveau.
  • Le syndrome des jambes sans repos ou maladie de Willis-Ekbom : ce trouble neurologique chronique se manifeste par un besoin impérieux de bouger les jambes. Il est associé à des sensations de picotements, fourmillements et brûlures des membres inférieurs. On les appelle aussi les impatiences, qui surviennent au repos, lorsqu’on est immobile.
  • L’hyperprolactinémie : il s’agit d’une augmentation anormale du taux de prolactine dans le sang. Elle peut conduire à une infertilité chez la femme, ou une dysfonction érectile chez l’homme.

Quels sont leurs effets indésirables graves ?

Ces médicaments sont efficaces pour soulager les symptômes mais présentent des risques d’effets indésirables aux conséquences parfois graves pour le patient et ses proches. Même à faible dose, même après des années de traitement, des troubles du contrôle des impulsions peuvent apparaître progressivement.

  • addiction aux jeux d’argent ;
  • dépenses et achats compulsifs ;
  • consommation excessive de nourriture dans un temps très court ;
  • hypersexualité : pulsions sexuelles accrues, parfois associées à des comportements inappropriés ou dangereux ;
  • comportements hostiles, agressifs ou violents ;
  • envie irrépressible de prendre le médicament et d’en augmenter les doses.

La fréquence de survenue de ces troubles et jugée « indéterminée » sur la plupart des notices de médicaments mais cela signifie seulement, selon l’ANSM, qu’il n’a pas été possible de la calculer mais pas que ces effets sont exceptionnels. « Par exemple, lors d’un traitement de la maladie de Parkinson avec le pramipexole, les troubles du contrôle des impulsions sont fréquents (jusqu’à 1 personne sur 10) », complète-t-elle.

Peuvent aussi survenir des troubles neurologiques (hallucinations visuelles, auditives, état confusionnel), une très grande somnolence dans la journée, une baisse de la pression artérielle (malaise) et des troubles digestifs.

Quels conseils donner aux patients ? 

Afin de protéger les patients, l’Agence nationale de sécurité du médicament leur conseille :

  • d’impliquer leurs proches : « informez-les des effets possibles pour qu’ils puissent vous aider à repérer les signes d’alerte ».
  • de respecter les horaires de prise de votre traitement et les doses prescrites ;
  • de signaler rapidement tout comportement inhabituel à leur médecin ;
  • en cas d’effets indésirables, il ne faut pas modifier soi-même le traitement ni l’arrêter brutalement mais informer son médecin. Un arrêt soudain peut entraîner un syndrome de sevrage ou un syndrome malin de neuroleptiques (rigidité musculaire, fièvre, tension instable, augmentation du rythme cardiaque, confusion, coma voire décès) ;
  • il est vivement déconseillé de ne pas prendre d’autres médicaments sans l’avis d’un professionnel en raison d’interactions médicamenteuses potentielles.

L’ANSM demande aux professionnels de santé d’informer systématiquement les patients des risques de troubles de contrôle de l’impulsion liés à ces médicaments et de les interroger à chaque consultation sur d’éventuels changements de comportements.

Consultez le livret d’information ici.

  • Source : ANSM

  • Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet

Destination Santé
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