© ECOSY/Shutterstock.com
A l’occasion de Masturbation May, un sondage livre un instantané de ce que représente la masturbation en France aujourd’hui. Selon le SexReport 2026 d’Adam & Eve, la masturbation n’est plus une pratique taboue chez les femmes, mais demeure encore bien plus fréquente chez les hommes. Ainsi, alors que 19 % des personnes interrogées se masturbent plusieurs fois par semaine, 26 % d’entre eux sont des hommes, contre seulement 11 % de femmes. Mais la pratique augmente toutefois chez les femmes : 27 % d’entre elles déclarent se masturber plusieurs fois par mois. Elles n’étaient que 21 % en 2025. Au quotidien, 10 % des hommes déclarent se masturber, tandis que les femmes ne seraient que 2 %.
Destination Santé avait posé la question à la sexologue Margaux Terrou en mai 2025. « Chez les femmes, la masturbation reste un impensé. On n’en parle pas. Quand on parle sexualité aux jeunes filles, ce n’est que par le prisme de la pénétration. On leur explique que, soit elles peuvent attraper une IST, soit elles peuvent tomber enceintes. La question du plaisir est totalement absente, avait-elle répondu. Les femmes se masturbent donc beaucoup plus tardivement que les hommes. Vers 17-18 ans chez les femmes, beaucoup plus tôt chez les hommes. On se retrouve ainsi à l’âge adulte avec ce ‘masturbation gap’, car les hommes ont intériorisé une pratique. Les femmes, non ». Aussi, les hommes ont-ils précocement intégré la masturbation comme un moment à soi, pour se faire du bien. « Alors qu’une femme qui n’a pas été habituée à la masturbation, n’intègre pas non plus, à l’âge adulte, la sexualité, dans son ensemble, comme un moment où elle peut prendre soin d’elle », poursuivait la spécialiste.
Les motivations de chacun sont très variables. 57 % des femmes citent le plaisir sexuel comme motivation principale (contre 47 % des hommes). De plus, 21 % des femmes se masturbent pour profiter d’un temps de solitude contre 16 % des hommes. 19 % des personnes interrogées tous sexes confondus citent la masturbation comme un moyen de s’endormir plus rapidement, 20 % comme un outil pour lutter contre le stress.
52 % des femmes se masturbent le soir avant de s’endormir contre 40 % des hommes. « Loin du cliché, la masturbation féminine s’inscrit souvent dans une logique de soin et de reconnexion à son propre corps », note le SexReport 2026. Récemment, une étude publiée dans la revue Menopause montrait que la masturbation agit de façon positive sur les changements d’humeur et les troubles du sommeil chez 14 % des participantes.
Le sondage révèle enfin que 40 % des femmes utilisent un sextoy contre seulement 6 % des hommes. Pour la pornographie, c’est l’inverse. Elle est utilisée par 56 % des hommes contre seulement 18 % des femmes. « On constate une évolution (…) aussi avec la démocratisation des sex-toys. Le Womanizer a vraiment permis à certaines femmes d’accéder à leur plaisir », affirme la sexologue Margaux Terrou.
*Enquête réalisée en septembre 2025, conduite par l’institut Trend Research sur la période du 18 septembre 2025 au 26 septembre 2025 sur un échantillon national représentatif de 1 056 répondants âgés de 18 à 65 ans.

Source : SexReport 2026, Interview de Margaux Terrou, Menopause

Ecrit par : Dorothée Duchemin – Edité par Emmanuel Ducreuzet