Rhume, douleur, fièvre… Lorsqu’un nourrisson ou un enfant en bas âge tombe malade, le réflexe est encore trop souvent médicamenteux. D’autant que certaines spécialités destinées aux tout-petits sont en libre accès. Pourtant l’utilisation systématique de molécules n’est souvent pas nécessaire voire délétère. Afin de vous aider à faire le tri dans votre armoire à pharmacie, l’UFC Que choisir rappelle les recommandations dans les cas les plus courants.

« Plusieurs études ont mis en lumière un recours excessif aux traitements médicamenteux chez les plus jeunes », rappellent l’association de consommateurs. Conscients de cette tendance, « médecins et sociétés savantes révisent leurs recommandations et amorcent une déprescription », se félicite-t-elle. Toutefois, « des médicaments à éviter demeurent sur le marché » parfois en libre accès dans les pharmacies. Afin d’éviter les erreurs et les effets indésirables inutiles pour vos enfants, voici quelques recommandations.

Que faire si mon enfant a un rhume ?

Le sérum physiologique en dosette ou l’eau salée en spray plusieurs fois par jour sont efficaces, y compris pour éviter la toux. « Oubliez définitivement les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez, les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol ou les inhalations à base d’huiles essentielles ». Ces dernières peuvent entraîner un risque de convulsions, à cause du camphre ou de l’eucalyptus, des terpènes.

… si mon enfant tousse ?

La toux est généralement bénigne, « sauf si elle s’accompagne d’une fièvre persistante, de difficultés à respirer ou si elle est liée à une allergie », rappellent les rédacteurs de l’UFC Que choisir. Toutefois, elle peut être très gênante. Pour la combattre, il faut « empêcher l’écoulement des glaires du rhume dans la gorge en désobstruant le nez, avec du sérum physiologique ou de l’eau de mer stérile ». En revanche, « la totalité des sirops, suppositoires ou poudres qui prétendent supprimer la toux sèche ou grasse n’ont pas d’utilité prouvée et présentent des effets indésirables ».

… si mon enfant a de la fièvre ?

Sachez que si « le bébé ou l’enfant la supporte bien, il n’est pas forcément utile de la traiter ». Bien entendu, il ne s’agit pas de laisser un enfant avec une fièvre trop élevée ou pendant trop longtemps. En cas de doute, demandez un avis médical. Privilégiez le paracétamol pour traiter la fièvre, tout en respectant la posologie. Quant à l’ibuprofène, qui est aussi efficace, demandez d’abord conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

… si mon enfant a mal ?

Mal aux dents, à la tête, à la gorge, aux oreilles ? « Le paracétamol est le médicament de premier recours », insiste l’UFC Que choisir. « L’ibuprofène peut être plus efficace dans les douleurs intenses et les traumatismes, mais mieux vaut l’utiliser en étant conscient des contre-indications, dans l’idéal après un avis médical. Il faut l’éviter dans les douleurs dentaires. »

… si mon enfant a la diarrhée ?

« La prise en charge de la diarrhée aiguë consiste avant tout à prévenir la déshydratation », insistent les rédacteurs. « En particulier chez l’enfant de moins de deux ans. » Pour y parvenir, « les solutions de réhydratation orale (SRO) doivent être présentes de manière préventive dans l’armoire à pharmacie familiale ». En revanche, « l’Imodium enfants, délivré sur ordonnance pour ralentir la motricité intestinale chez l’enfant à partir de 2 ans, peut provoquer des syndromes pseudo-occlusifs en bloquant le transit et expose à des somnolences gênant la réhydratation ». Quant aux « antiseptiques intestinaux, également sur ordonnance et réservés aux plus de 2 ans, (ils) n’ont aucun effet sur la diarrhée aiguë et sont même potentiellement toxiques pour l’enfant (troubles allergiques, effets indésirables cutanés graves…) ». Enfin, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont contre-indiqués en cas de déshydratation, car ils peuvent favoriser la survenue d’insuffisance rénale.

… si mon enfant souffre de RGO ?

Le reflux gastro-œsophagien est courant et bénin mais source de réel inconfort pour l’enfant. Toutefois, les médicaments ne sont pas nécessaires et potentiellement dangereux. « Les médicaments à base de dompéridone, très prescrits pour les ‘bébés RGO’ il y a une dizaine d’années, ont été responsables d’effets indésirables graves tels que des problèmes cardiaques et neurologiques rares », rappellent-ils. Du fait de leur totale inefficacité, ils ont heureusement été abandonnés dans cette indication. Depuis 2016, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande de ne plus les utiliser chez l’enfant. « Toutefois, ces derniers n’ont pas encore tous été retirés du marché. Pensez donc à faire le tri dans l’armoire à pharmacie ». Pour améliorer l’état de l’enfant, « des mesures hygiéno-diététiques, comme l’épaississement du bol alimentaire ou le fractionnement des repas chez les gros mangeurs, sont en général suffisantes », concluent les rédacteurs.

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