Méditation : des bénéfices… mais pas de miracle !

[25 avril 2017 - 15h47] [mis à jour le 26 avril 2017 à 10h18]

Méditer est devenu très à la mode. C’est une excellente chose, le plus grand nombre peut ainsi profiter des nombreux bienfaits de cette pratique  accessible. A condition toutefois de ne pas la dénaturer ni d’en attendre trop. Et, en cas de fragilité psychologique, n’oubliez pas de demander un avis médical avant de vous lancer.

Les effets de la méditation en pleine conscience ont été démontrés par plusieurs études scientifiques : cette discipline permet de réduire la sensibilité à la douleur et aide les patients sous traitement anti-cancéreux à mieux supporter la fatigue. Elle pourrait même contribuer à réduire l’hypertension artérielle. Les adeptes constatent aussi une amélioration de leur sommeil, une meilleure capacité à gérer les conflits, une augmentation de leur concentration… Pas étonnant donc qu’elle rencontre un tel succès et soit si médiatisée.

« L’habitude d’observer ce qui traverse notre esprit »

« Si ces bienfaits sont avérés, ils ne doivent pas pour autant être considérés comme un but à atteindre. Mettre une finalité, un objectif derrière la méditation est un contre-sens », met en garde François Granger, enseignant MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction/Réduction du stress basée sur la pleine conscience). « Méditer permet de retrouver une distance avec les pensées qui surgissent dans notre esprit. Nous ne faisons qu’observer, sans juger ni commenter, et nous lâchons prise, d’instant en instant, sans nous impliquer. » Il en résulte une présence plus ouverte, plus attentive et empreinte de compassion envers soi-même et les autres. » Méfiance donc si une pratique méditative vous promet de mincir ou de devenir plus performant au travail…

Méditation et psychothérapie sont complémentaires

Attention donc à trop attendre de la méditation, sous peine d’être déçus et d’arrêter prématurément. « Même si elle agit directement sur le taux de stress, ce n’est pas une méthode miracle, les résultats ne sont pas instantanés », prévient François Granger. « Par ailleurs, le meilleur des lâcher-prises n’effacera jamais l’origine de problématiques liées à l’histoire de chacun. Elle ne peut en aucun cas se substituer à une psychothérapie. Mais elle peut en revanche la faciliter. Méditation et psychothérapie sont très complémentaires. »

Enfin, certaines situations nécessitent de demander l’avis d’un psychiatre ou d’un psychologue avant de pratiquer la méditation : dépression en phase aiguë, troubles bipolaires ou troubles psychotiques non stabilisés, attaques de panique récurrentes, état de stress post-traumatique, tendances suicidaires…

A noter : Les livres sur la méditation sont intéressants mais ils peuvent difficilement se substituer à l’accompagnement d’un enseignant. Pour trouver celui qui vous convient le mieux, renseignez-vous auprès de votre entourage, testez quelques séances puis fiez-vous à votre ressenti. Il existe plusieurs écoles de pratique méditative. Pour trouver un enseignant « méditation pleine conscience », consultez l’annuaire de l’Association pour le Développement de la Mindfulness.

Partager cet article