La prise de statines n’entraînerait aucun déclin cognitif. Chez les personnes âgées, cette indication aidant à diminuer le taux de cholestérol n’induit pas un sur-risque de perte de la mémoire. Elle pourrait même avoir l’effet inverse…

Depuis les années 90, les statines sont largement prescrites aux patients souffrant de maladies cardiovasculaires et d’hypercholestérolémie, pour baisser le taux de cholestérol. Ces molécules sont soupçonnées de provoquer un déclin cognitif. A tel point que beaucoup de patients arrêtent leurs traitements par crainte de développer des troubles de la mémoire.

Mais qu’en est-il vraiment ? Pour le savoir, des chercheurs australiens* ont suivi, pendant 6 ans, 1 037 sujets âgés sous statines pour observer l’impact de ces molécules sur leur santé cognitive. Treize tests et des imageries par résonance magnétique (IRM) ont été proposés au cours du suivi.

Résultat, « nous n’avons noté aucune différence en termes de perte de mémoire ou autres troubles cognitifs entre les patients sous statines et les personnes n’ayant jamais pris ces médicaments de leur vie », note le Pr Katherine Samaras, principale auteure de l’étude. « Aucune différence de volume cérébral n’a par ailleurs été relevée entre les deux groupes. »

Les statines freinent le déclin cognitif ?

« Les patients sous statines peuvent avoir confiance dans leur traitement sans craindre un risque de démence », confirme le Pr Samaras. D’autant que ces molécules semblent jouer l’effet inverse dans des cas précis : « chez les patients atteints de maladies cardiovasculaires ou les patients diabétiques, la prise de statines tend à ralentir le déclin cognitif. »

*Garvan Institute of Medical Research and the Centre for Healthy Brain Ageing (CHeBA), UNSW Sydney

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