Paludisme et toxoplasmose : une « thérapie végétale » contre les parasites

[05 août 2016 - 10h00] [mis à jour le 05 août 2016 à 10h19]

Puiser dans les ressources naturelles pour mettre au point de nouvelles thérapies. Voilà le cap choisi par des scientifiques français du CNRS. Ces derniers viennent en effet de découvrir l’origine végétale des mécanismes de la parasitologie associés au paludisme et à la toxoplasmose. Et une technique freinant la prolifération de ces pathogènes dans l’organisme existe !

« Pour leur survie, les parasites responsables du paludisme et de la toxoplasmose dépendent de mécanismes hérités du monde végétal », révèlent des chercheurs du CNRS* en collaboration avec l’université de Melbourne (Australie). En fait, « les plantes possèdent un compartiment appelé apicoplaste ». Cette petite loge naturelle constituant « le vestige d’une algue microscopique incorporé par l’ancêtre de ces parasites » appelés Apicomplexa.

Désactiver les gènes de la plante

In vitro, les scientifiques sont parvenus à inactiver les gènes de cette partie végétale. Mécanisme provoquant « la mort du parasite lors des phases aiguës de la toxoplasmose et lors du stade de développement hépatocytaire du paludisme ». En ciblant uniquement le parasite sans affecter les cellules saines environnantes, cette technique s’avère efficace pour éloigner le risque de prolifération des parasites.

Cette stratégie pourrait aussi intervenir en prévention sous forme de vaccin. Un espoir immense étant donné qu’il n’existe aujourd’hui aucune alternative pour rester protégé(e) contre ces parasites. Les Apicomplexa infectent pourtant « plusieurs centaines de millions de personnes chaque année ». Ils engendrent par ailleurs « le décès de près d’un million d’entre elles », avec une majorité d’infections létales rapportées dans la population infantile et auprès des patients immunodéficients.

Enfin, la mise au jour de ce mécanisme vient aussi pallier un sérieux problème : la multi-résistance des souches aux traitements déjà existants, comme c’est le cas pour l’artémisinine depuis 2007. Un fléau connu pour réduire l’arsenal thérapeutique proposé aux patients.

*Institute for Advanced Biosciences, CNRS/Inserm/Université Grenoble Alpes

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