Perturbateurs endocriniens : une dérogation européenne pour les pesticides ?

[21 décembre 2016 - 15h26] [mis à jour le 21 décembre 2016 à 15h48]

Ce mercredi, la Commission européenne a soumis une proposition de loi réglementant la présence de perturbateurs endocriniens sur le marché. Mais son contenu suscite de vives critiques auprès des associations et du ministère de l’environnement.

Ce texte a pour objectif de clarifier les critères permettant d’associer les substances chimiques concernées à la classe des perturbateurs endocriniens. Dans le but de les interdire pour protéger la population de leurs méfaits sur la santé. Ou en tout cas, tel était le projet initial. En effet, la Commission a récemment mis au point une dérogation pour exclure de cette mesure certains pesticides, probablement influencée par le puissant lobby de l’industrie chimique. Pourtant, même en petites quantités, ces derniers exposent à un risque élevé de dérèglements hormonaux et sont justement considérés comme des perturbateurs endocriniens.

Une vive opposition

Selon l’association « Alerte des médecins sur les pesticides », la proposition de la Commission européenne « est publiée avec 3 ans de retard. Elle aurait dû permettre l’application du règlement Pesticides de 2009 qui stipulait clairement le retrait du marché des pesticides reconnus comme perturbateurs endocriniens ». Or « il n’en sera probablement rien. Dans le texte que la Commission s’apprête à ratifier, elle ne propose rien de moins que d’accorder une dérogation aux pesticides explicitement conçus pour agir en perturbant le système hormonal ». Cette proposition va donc à l’encontre de la protection des citoyens contre les maladies liées à l’exposition aux perturbateurs endocriniens, comme le diabète, le cancer et les troubles de la fertilité.

L’association appelle ainsi le gouvernement français à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour rejeter les propositions de la Commission ». Sur ce point, Ségolène Royal, ministre en charge de l’environnement, adopte la même position dans un courrier adressé à Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne. « Si elle était adoptée en l’état, cette évolution réglementaire [jugée trop restrictive] marquerait un recul dans l’action de l’Union européenne de protection de la santé de nos concitoyens et de notre environnement », conclut-elle.

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