A l’automne 2017, des pharmaciens d’officine de deux régions françaises (Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine) pourront vacciner contre la grippe. Une nouvelle étape dans le rôle de prévention, d’éducation et d’accompagnement joué par ce professionnel de santé, par ailleurs très impliqué auprès des patients sous anticoagulants oraux (AVK) et les asthmatiques. Et bientôt les diabétiques ?

Tout a commencé avec la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » (HPST) du 21 juillet 2009. Ce texte a confié de nouvelles missions aux pharmaciens d’officine, notamment en termes de prévention, de dépistage et d’accompagnement du patient.

Dans les années qui ont suivi, cette loi a impulsé la mise en place d’entretiens pharmaceutiques, auprès de deux catégories de patients : les asthmatiques et ceux sous anti-vitamines K (AVK), des anticoagulants oraux. Avec des enjeux d’assurer une prise en charge personnalisée des malades.

Vers des entretiens pharmaceutiques

Une étude récente met en évidence l’intérêt de tels entretiens mais cette fois-ci auprès des diabétiques. Appelée DiabPharmObserv, elle a rassemblé 14 pharmaciens des Hauts-de-France formés sur l’accompagnement des diabétiques (hygiène de vie, auto-surveillance glycémique…). Et 55 patients ayant bénéficié d’un entretien individuel, en officine par un pharmacien. Au-delà des conseils hygiéno-diététiques, ils ont notamment été sensibilisés au maniement d’outils spécifiques : réglette de glycémie, utilisation du stylo autopiqueur… Six mois après, plus de la moitié des diabétiques (54%) déclaraient de meilleurs résultats de glycémie et sept sur dix constataient une diminution de leur taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c).

Pour le Pr Pierre Fontaine, chef de service Endocrinologie Diabétologie Métabolismes du CHRU de Lille et Président de la Société francophone du Diabète (SFD), la mise en place d’entretiens pharmaceutiques centrés sur le diabète seraient même une « nécessité ». D’une manière générale, « tout ce qui va dans le sens de l’accompagnement, du coaching et de l’éducation thérapeutique bénéficie au patient », conclut-il.

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